Parmi les photos déposées en preuve, on peut voir des tableaux blancs où l'on peut lire des notes où l'on voit clairement une inscription : « I'm not the killer ».

« Je ne suis pas le tueur »

Que voulait prouver Shakti Ramsurrun après les morts violentes de son ex-conjointe, ainsi que de la mère et du beau-père de la jeune femme, en 2012 ? Des messages aussi mystérieux que troublants ont été déposés en preuve lors du procès du Gatinois originaire de l'île Maurice accusé de trois meurtres prémédités.
Shakti Ramsurrun, 33 ans, a été arrêté le 24 mai 2012, au lendemain des meurtres des trois personnes chez qui il habitait, rue Félix-Leclerc, dans le secteur Aylmer. Les victimes sont Anne-Katherine Powers, 21 ans, Louise Leboeuf, 63 ans, et Claude Levesque, 58 ans, le conjoint de Mme Leboeuf qui était comme un père pour la jeune femme.
Jeudi, la technicienne en identité judiciaire du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Roxanne Filion, a déposé des centaines de photos de la scène de crime. Parmi elles, quatre montrent des tableaux blancs servant à écrire au crayon-feutre effaçable,
Sur l'un d'eux se trouvent des notes de ce qui semble être un projet d'écriture.
Par-dessus ces notes, il est écrit, en anglais : « Je ne suis pas le tueur ». Sur un autre tableau, on lit : « Je les ai touchés puisque je les aime... j'ai mis quelques couvertures et j'ai pleuré donc ne croyez pas que c'est moi encore une fois ».
Finalement, un troisième tableau blanc est marqué des mots suivants : « Croyez-moi les gars. Allons trouver la vérité. Je sais que tout le monde va croire que c'est moi. Mais non je n'ai rien fait. C'est la raison (sic) je m'en vais désolé monsieur. »
Un quatrième message indique de façon floue : « Doit prendre soin du bébé (...) pas de sa faute ». Ce message, retrouvé ailleurs et écrit d'une autre main, semble taché de sang.
Le suspect de 32 ans a été arrêté après s'être présenté sur son lieu de travail, au Club de golf Rivermead. Mercredi, le procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, a annoncé au jury que le suspect avait aussi allégué que des gens masqués étaient entrés chez lui pour tuer les trois victimes.
Les victimes paraissaient lavées après les meurtres à l'arme blanche, vêtus d'un pyjama, et enroulés dans des couvertures. Les expertises médicales doivent prouver, selon la Couronne, que les victimes ont été tuées de dizaines de coups d'arme blanche.
La scène de crime aurait été lavée en très grande partie. 
Très peu de sang était visible dans la maison, à l'arrivée des enquêteurs.
De nombreux indices ont quand même été prélevés par le SPVG. Des valises de vêtements sales et malodorants, des produits pour bébé (le couple avait eu un garçon et le suspect a été arrêté alors qu'il se trouvait avec lui), des valises, un passeport, la voiture de Claude Lévesque (saisie dans le stationnement du golf Rivermead) chargée de jouets de bébés et de valises. Des gants d'hiver dans lesquels se trouvaient des pansements gorgés de sang, un cheveu, et possiblement de l'ADN, ont aussi fait l'objet d'analyses.
Un peu partout dans la maison, de très petites gouttes de sang ont été prélevées, dans plusieurs pièces, et sur plusieurs meubles et morceaux de vêtement. 
Un cadre brisé, des notes écrites, des lingettes humides pour bébé, ainsi qu'une tasse à café cassée et tachée de sang font aussi partie de la preuve du ministère public.
La police dit avoir trouvé d'autres traces de sang lavées, grâce au luminol, un produit faisait briller les taches de sang lavées, dans le noir.
Mme Powers et le suspect se sont rencontrés lors d'une croisière. Le jeune homme originaire de l'ile Maurice était serveur sur le bateau. Le procès se poursuit mardi.