L'ex-conjointe d'Ismael Habib dit avoir reçu une photo par courriel, provenant de l'épouse vivant outre-mer.

Ismael Habib voulait aller sauver son épouse en Syrie

Un présumé djihadiste arrêté à Gatineau en février 2016 se défend d'avoir été violent avec son ex-conjointe, précisant lui avoir caché qu'il avait déjà une épouse « pour ne pas qu'elle le juge ».
Le procès pour violence conjugale d'Ismael Habib s'est ouvert lundi, au palais de justice de Gatineau.
Le suspect doit répondre à des accusations de menaces de mort et de fabrication de faux documents. La police a, entre autres, saisi un permis de conduire avec sa photo, mais à un autre nom.
Ce procès, tenu sous une sécurité renforcée, se déroule en parallèle à celui qui concerne des allégations de terrorisme, à Montréal.
L'histoire a été étalée au grand jour lorsque l'ex-conjointe du suspect a déclaré à la police de Gatineau qu'elle était victime de violence conjugale. Cette femme a ajouté qu'Ismael Habib lui avait fait des menaces de mort, qu'il possédait de faux papiers, et qu'il était déjà marié à une femme résidant en Turquie ou en Syrie, avec qui il avait deux enfants.
Pour sa défense, Ismael Habib a dit qu'il avait caché cette information pour « ne pas qu'elle (la femme gatinoise) me juge et qu'elle apprenne à me connaître, avant que je lui dise ».
Selon les autorités municipales et fédérales, Ismael Habib aurait prévu embarquer sur un bateau pour joindre l'État islamique. M. Habib a rejeté ces allégations. « Je ne suis pas d'accord avec leur façon de procéder », a dit le Montréalais de naissance.
Selon ce que la plaignante a raconté, Ismael Habib s'opposait à ce qu'elle travaille avec d'autres hommes et visionnait des vidéos sur l'islam radical.
La victime alléguée a dit avoir reçu une photo par courriel, provenant de l'épouse vivant outre-mer. La photo montre une femme, portant le voile intégral et des gants, à côté d'une enfant, voilée elle aussi. La femme tient une Kalachnikov, tandis que la petite pointe l'index vers le haut. M. Habib a dit que son but était d'aller en Turquie ou en Syrie pour « sauver » cette femme et ses enfants, prisonniers.
Ismael Habib a dit s'être rendu une fois en Syrie, car il était curieux et s'intéressait à l'actualité internationale. Avec la mère de ses enfants, il tentait, dit-il, de s'établir à Londres ou en Afrique du Nord, idéalement en Algérie, car il n'y a pas, là-bas, « la même pression de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à son endroit ».
La GRC avait déjà pris Ismael Habib en filature lorsqu'il séjournait à Gatineau.