Ismael Habib

Ismael Habib: juger le conjoint violent, pas le terroriste

Ismael Habib, un homme reconnu coupable d'avoir tenté de quitter le Canada afin de participer aux activités d'un groupe terroriste, connaîtra sa sentence dans une affaire parallèle de violence conjugale, à Gatineau, vendredi. La juge ne pourra asseoir sa décision sur les accusations liées au groupe armé État islamique, sauf pour établir le contexte dans lequel son ex-conjointe a été violentée en 2016.
À Gatineau, la juge Lynne Landry a rappelé que son rôle ne consistait qu'à juger une affaire de violence conjugale, et non de terrorisme.
L'affaire de terrorisme doit être traitée indépendamment, car elle a fait l'objet d'un autre procès à Montréal.
Ismael Habib est coupable de harcèlement, de menaces et d'utilisation de carte d'identité d'une autre personne lorsqu'il habitait à Gatineau.
Pour la procureure de la Couronne, Me Marie-Josée Genest, le tribunal devrait au moins retenir que Ismael Habib a harcelé son ex-conjointe gatinoise en la « forçant » à écouter des vidéos de l'État islamique montrant des fanatiques menaçant d'exécuter des otages. « C'est une partie du harcèlement », a -t-elle fait valoir. Les faits se sont produits dans un certain « contexte international », quelques mois après les attentats du Bataclan et du Stade de France.
La menace de « mettre une bombe » sous la voiture de la victime devait alors être prise au sérieux, puisque la dame « avait toutes les raisons de le croire » dans un tel climat de peur.
Au cours de cette même période, Ismael Habib a tenté de fuir le pays pour participer à des activités terroristes à l'étranger. La femme en a parlé aux policiers de Gatineau, lorsqu'elle a fait sa plainte.
La Couronne a demandé qu'une peine de 15 à 18 mois de détention soit imposée à Ismael Habib en Outaouais.
L'avocat de la défense, Me Jacques Belley, a plaidé pour une peine de trois mois de prison. « Il n'y a pas de violence physique, il n'y a pas d'arme ni d'ingrédient servant à fabriquer une bombe dans cette histoire. Allons-nous le punir plus qu'un autre citoyen pour le même délit ? »
Le principal intéressé connaîtra sa sentence pour terrorisme le 29 septembre. La Couronne demande neuf ans de détention, et la défense, une peine de six ans et demi.