Un juge a condamné Ismaël Habib vendredi à huit ans pour l'infraction liée au terrorisme et à une année supplémentaire pour avoir donné de fausses informations pour obtenir un passeport.

Ismael Habib écope de neuf mois pour violence conjugale

Le Gatinois Ismael Habib écope neuf mois de prison pour l'affaire de violence conjugale qui a mis ses plans terroristes au grand jour.
La juge Lynne Landry, de la Cour du Québec, n'a retenu presque aucun facteur atténuant, en prononçant la sentence au palais de justice de Gatineau, mardi.
Dans une relation malsaine avec une femme de Gatineau, en 2016, il a menacé de «mettre une bombe» sous sa voiture, «avec elle dedans» si cette dernière dénonçait ses projets secrets à la police.
Ces projets consistaient, selon la Couronne, à se rendre en Syrie pour combattre auprès de l'État islamique. Il a fait écouter des vidéos du groupe terroriste à sa conjointe d'alors, en plus de lui faire savoir qu'il comptait fuir le Canada avec un faux passeport britannique pour atteindre son objectif.
Lorsque la femme a parlé à la police de Gatineau pour dénoncer la menace de mort et le harcèlement à son endroit, Ismael Habib faisait déjà l'objet d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada.
Ismael Habib doit connaître sa sentence pour avoir tenté de rejoindre un groupe terroriste à l'étranger, vendredi prochain, au palais de justice de Montréal.
Techniquement, Ismael Habib a fini de purger sa peine pour violence conjugale mardi, mais il demeure derrière les barreaux. Il ne lui restait qu'une journée à purger à Gatineau.
Il est toujours en détention préventive du côté de Montréal, où il risque de six ans et demi à neuf ans de pénitencier.
Les premières allégations de terrorisme ont été mises au grand jour lors de la présentation, devant le tribunal, de la vidéo de l'interrogatoire de la femme au poste de police de Gatineau.
La juge Landry a tôt fait de rappeler comment Ismael Habib se montrait insistant auprès de sa conjointe, non pratiquante, à porter le voile islamique et des vêtements amples et sombres pour ne pas attirer le regard des hommes. Il lui demandait aussi de ne pas travailler avec des collègues masculins.
«L'accusé minimise ses accusations», a dit la juge, qui n'a pas cru sa version et qui a nié la crédibilité d'un individu sans empathie ni remords. «Il dit avoir bien traité la victime.»
L'avocat de la défense, Me Jacques Belley, s'est dit satisfait de la sentence, alors que la Couronne demandait de 15 à 18 mois. Me Belley avait plaidé pour une peine de trois mois.