Un client rancunier a dit au tribunal avoir mis le feu à un commerce de voitures d’occasion parce qu’il n’y avait pas assez d’essence dans le véhicule qu’on lui avait prêté, et qu’il a perdu sa minifourgonnette en raison de ses défauts de paiement.
Un client rancunier a dit au tribunal avoir mis le feu à un commerce de voitures d’occasion parce qu’il n’y avait pas assez d’essence dans le véhicule qu’on lui avait prêté, et qu’il a perdu sa minifourgonnette en raison de ses défauts de paiement.

Incendie criminel: un discours décousu pour un accusé rancunier

Un client rancunier a dit au tribunal avoir mis le feu à un commerce de voitures d’occasion parce qu’il n’y avait pas assez d’essence dans le véhicule qu’on lui avait prêté, et qu’il a perdu sa minifourgonnette en raison de ses défauts de paiement.

Le témoignage décousu de l’accusé a fait sourciller le procureur de la Couronne et le juge, vendredi, au palais de justice de Gatineau.

Michel Louis Madorre était à peine sorti de prison, le 26 mars dernier, lorsqu’il a lancé des cocktails Molotov dans les deux bâtiments de Denis Auto, sur le boulevard Maloney, secteur Gatineau.

De retour derrière les barreaux, celui qui assurait seul sa défense au moment des observations sur la peine a proposé de purger trois ans de prison, alors que le procureur de la Couronne, Me Stéphane Rolland, a plaidé en faveur d’une sentence de presque cinq ans.

À l’été 2019, le client, qui avait acheté une voiture à cet endroit, a pu utiliser pendant un certain temps une voiture de service.

Il s’est rendu dans une station-service et en est reparti sans payer l’essence.

De retour chez Denis Auto, le propriétaire, Raymond Galipeau, lui a dit que la police le recherchait pour le larcin. Le client, plutôt frustré d’avoir dû mettre de l’essence, a quitté les lieux.

Arrêté de nouveau et en détention préventive, M. Madorre a alors appris qu’il avait perdu sa voiture, car la banque ne recevait plus les mensualités.

Ce dernier a mis la faute sur le commerçant en multipliant les mauvaises interprétations sur les raisons expliquant la reprise du véhicule.

Acquitté du vol d’essence en raison de l’absence d’un témoin, le suspect est sorti de prison le 18 mars. Trois jours plus tard, il a procédé à l’achat de bouteilles de verre, et le 26 mars a lancé les contenants remplis d’accélérants dans les deux bâtiments de cette entreprise familiale.


« Il aurait pu brûler avec son commerce »
Michel Louis Madorre

Les dommages matériels de plus de 300 000$ ne sont presque rien à côté de ce qu’a vécu M. Galipeau. Lors de son témoignage, la semaine dernière, il a dit avoir perdu la passion et le plaisir de faire des affaires. Il dit craindre pour sa famille et ses employés.

Devant le tribunal, l’accusé a multiplié les insultes et les insinuations envers la victime sous le choc. «Il aurait pu brûler avec son commerce», a lancé l’accusé, à travers d’autres insultes et expressions disgracieuses.

L’accusé dit «avoir été fâché» par la perte de son véhicule.

«Ce que je viens d’entendre est incroyable, a confié M. Galipeau au juge Gaston Paul Langevin. Je suis propriétaire depuis 35 ans, et jamais je n’ai entendu une chose pareille dans l’histoire de Denis Auto. C’est pénible, et c’est terrible. Ce monsieur-là (l’accusé) a besoin de soins. Il n’est pas content et il vient mettre le feu.»

Vers la fin de l’audience, Michel Louis Madorre s’est lancé dans une diatribe mêlant la «Cosa Nostra» de la mafia italienne, le prédicateur Nostradamus, les nazis et les Allemands. «J’ai démontré que j’étais beaucoup plus logique et rationnel», a conclu l’accusé, qui ne compte pas moins de 42 antécédents en matière de crimes contre la personne et la propriété.

Le juge a calmé le jeu et pris l’affaire en délibéré.