La police de Gatineau affirme qu’elle ne se fera pas reprendre au jeu avec un autre «party» bruyant sur l’île Kettle, comme ce fût le cas en fin de semaine dernière.
La police de Gatineau affirme qu’elle ne se fera pas reprendre au jeu avec un autre «party» bruyant sur l’île Kettle, comme ce fût le cas en fin de semaine dernière.

Ile Kettle: «Il n’y en aura plus, de party», assure le SPVG

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
La police de Gatineau affirme qu’elle ne se fera pas reprendre au jeu avec un autre «party» bruyant sur l’île Kettle, comme ce fût le cas en fin de semaine dernière.

Des résidents de Pointe-Gatineau n’ont pas fermé l’oeil dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu’une foule faisait la fête sur l’île.

Mardi, Le Droit a rapporté que le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) n’était pas intervenu malgré des plaintes provenant de citoyens exaspérés par le bruit et la musique forte.

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Une porte-parole du SPVG a confirmé cette semaine qu’aucune intervention n’avait eu lieu pour mettre un terme à cette fête nocturne, qui n’a pris fin que vers 11h, dimanche.

Le SPVG a expliqué cette absence pour des raisons de sécurité de ses propres policiers, qui, se retrouvant en «désavantage numérique» sur une île isolée, auraient pu être encerclés par des fêtards mécontents. Seules les unités nautiques du SPVG peuvent circuler sur ce cours d’eau, d’autant plus que la navigation nocturne y est délicate.


« Nous n’hésiterons pas à remettre à l’eau nos deux bateaux de patrouille et d’y faire embarquer un nombre suffisant de policiers pour intervenir. »
Andrée East

Mercredi, l’agente Andrée East a confirmé que le SVPG avait revu ses procédures afin d’éviter une telle situation, si cela devait se reproduire.

«Nous n’hésiterons pas à remettre à l’eau nos deux bateaux de patrouille et d’y faire embarquer un nombre suffisant de policiers pour intervenir. On peut se rendre sur place pour évaluer la grosseur d’un rassemblement, et adapter nos ressources.»

Dans le pire des cas, le SPVG, n’hésitera pas à demander des renforts de l’escouade nautique police d’Ottawa, et même celle du Service des incendies de Gatineau pour assurer le transport d’agents et de secouristes en cas d’incident.»

Un des bateaux de patrouille du SPVG

La fête organisée samedi est toujours un mystère pour les autorités municipales et les résidents, qui ignorent toujours l’identité du ou des organisateurs.

«Mais, il n’y en aura plus, de party, a mentionné l’agente East. S’il y en a, on va intervenir.»

Réaction de la Ville

Le directeur adjoint du cabinet du maire, Patrick Robert-Meunier, a précisé que des échanges ont eu lieu avec le SPVG à la suite de la publication de l’article dans Le Droit, mercredi. «Malgré les défis logistiques, toutes les mesures appropriées sont prises pour que nos policiers soient en mesure d’intervenir au besoin, a-t-il indiqué. Nous sommes rassurés que le SPVG travaille à éviter que ce genre d’incident se reproduise à nouveau.»

Même son de cloche du côté du président du conseil municipal, Daniel Champagne. Ce dernier admet être surpris qu’un tel regroupement, réunissant autant de gens, ait pu avoir lieu sur l’île Kettle. «Ce qui me rassure, par contre, c’est la réponse donnée par notre service de police, dit-il. Je crois que les policiers ont été surpris et déstabilisés par cet événement, mais ils assurent qu’ils vont maintenant prévoir des mécanismes pour intervenir si une telle situation devait se reproduire. Un message contraire m’aurait inquiété. J’aurais eu un malaise si le service de police avait simplement dit qu’il n’avait pas les moyens d’intervenir, mais il assure qu’il aura les outils à l’avenir pour intervenir.»

Santé publique

Le SPVG peut intervenir sur cette île selon une entente avec le propriétaire de l’endroit, Conservation de la nature Canada (CNC). Cet organisme, qui a le mandat de protéger cet écosystème fragile, n’a pas les ressources pour effectuer des patrouilles permanentes. Elle n’a pas, non plus, le pouvoir de coercition du SPVG.

Cette île, comme tous les autres territoires, est assujettie aux mêmes règles sociosanitaires concernant la pandémie de COVID-19. 

Depuis le 5 août 2020, le gouvernement du Québec permet des rassemblements d’au plus 250 personnes pour certains lieux publics extérieurs.

Selon le site du gouvernement provincial, «les organisateurs d’événements doivent s’assurer que la capacité du site permet le maintien d’une distance de deux mètres entre les personnes ou les maisonnées rassemblées. Ils doivent prendre des mesures pour informer les participants qu’ils doivent maintenir une telle distance avec toute autre personne ou les maisonnées rassemblées.»

Le SPVG peut intervenir au même endroit si ce règlement n’est pas respecté.

CNC a précisé cette semaine que la fête organisée dans la nuit de samedi à dimanche n’avait pas été autorisée.

Avec Mathieu Bélanger