Les enfants d'un Gatinois de 50 ans ont confié à la police qu'ils étaient confinés dans leur chambre depuis 2016, 24 heures sur 24, sauf pour effectuer de très rares sorties, près de leur résidence du secteur Gatineau.

Il forçait ses enfants à faire le garde-à-vous

Un Gatinois de 50 ans qui aurait séquestré et fait subir des gestes s'apparentant à de la torture à ses trois enfants est accusé d'avoir causé la mort de l'un d'entre eux.
L'homme, qu'on ne peut nommer afin de protéger l'identité des victimes mineures, a comparu vendredi.
Selon le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), le suspect a causé la mort, par négligence criminelle, de son fils, devenu majeur pendant qu'il vivait son calvaire. Le fils est décédé le 30 août.
En plus du chef d'accusation de négligence criminelle causant la mort, l'homme est inculpé de trois autres chefs de séquestration, entre le 24 mai et le 30 août.
Selon ce que Le Droit a appris, les enfants, terrorisés par leur père, étaient obligés de faire le « garde-à-vous » avant de prendre la parole ou de demander de la nourriture. Toujours selon nos sources, les enfants ont confié à la police de Gatineau qu'ils étaient confinés dans leur chambre depuis 2016, 24 heures sur 24, sauf pour effectuer de très rares sorties, près de leur résidence du secteur Gatineau.
Il leur fallait même une autorisation pour aller aux toilettes, selon ce qui a été rapporté aux enquêteurs.
Décès
Cette affaire a été portée à la connaissance des autorités lorsque l'enfant, qui éprouvait des problèmes respiratoires, est décédé. Le père aurait forcé ses deux enfants à donner la même version que la sienne aux autorités. Cette version devait faire croire que l'adolescent était revenu mal en point d'un voyage avec des amis à Montréal. Il semble toutefois, dans les faits reprochés, que l'enfant était sérieusement blessé depuis des mois, et que son père refusait d'aller à l'hôpital avec son enfant amaigri.
Il aurait fait annuler un rendez-vous médical obtenu par la mère de l'enfant, disant que son enfant jouait la comédie. L'avocat de la défense, Me Jacques Belley, a demandé que son client subisse une évaluation psychiatrique, afin de déterminer son aptitude à subir un procès. L'accusé doit revenir en cour jeudi prochain. Le prévenu est apparu sous le choc dans le box des accusés, vendredi. Ses réponses, lentes et peu convaincantes, ont traduit l'état d'esprit d'un homme, qui n'était visiblement pas en parfaite possession de tous ses moyens.