Un détenu de la prison de Gatineau a dénoncé les chefs de son ancien gang, le LF 126.

Il dénonce les chefs de son ancien gang

Un détenu a brisé l’omertà et dénoncé deux chefs de son ancien gang, reconnus pour leur grande violence à l’intérieur et à l’extérieur des murs de la prison de Gatineau.

Le jeune détenu a craint pour la sécurité de sa mère et de ses sœurs parce que les suspects, Jean-Claude Duciaume et Daniel St-Jean, s’apprêtaient à sortir de prison.

La remise en liberté de MM. Duciaume et St-Jean était imminente. Les deux criminels étaient en train de terminer leurs sentences pour de nombreux délits, dont celui d’avoir passé à tabac un autre détenu, Derek Renaud, le 20 février 2018.

MM. Duciaume et Renaud sont deux des trois chefs du gang « LF 126 ». Ils font la loi dans l’aile B3 du centre de détention de la rue St-François, dans le secteur Hull.

« LF 126 » signifie « La Familia », alors que le 12 et le 6 se rapportent à la place des lettres L et F dans l’alphabet.

Craintes et menaces

Le jeune détenu en question aurait toujours une dette envers son ancienne organisation. Insatisfait des modalités de paiement de ce dernier, les membres actifs du LF 126 auraient menacé de s’en prendre à sa famille, dès leur sortie de prison.

Selon l’enquête policière, les suspects auraient menacé d’enterrer sa mère et de « pimper » ses sœurs (les forcer à se prostituer) pour rembourser sa dette.

Pour protéger sa famille, il a brisé la loi du silence.

Il était minuit moins une lorsque le détenu a averti sa mère, lors d’une visite à la prison de Gatineau, le 17 juillet dernier.

La Sûreté du Québec a ouvert une enquête après avoir reçu une plainte, deux jours plus tard.

Jean-Claude Duciaume et Daniel St-Jean sont de retour dans le box des accusés. Cette fois, la Couronne a déposé des chefs de menaces de causer des lésions.

Le ministère public s’est opposé à la remise en liberté des individus. L’enquête sur cautionnement a débuté cette semaine au palais de justice de Gatineau.

L’enquêteur aux crimes majeurs Daniel Richard, de la Sûreté du Québec, a décrit l’influence grandissante du LF 126 au centre de détention.

« Cela a débuté dans les centres jeunesse. Au départ, c’était un groupe sans importance. Maintenant, poursuit l’enquêteur, on leur accorde une certaine importance à cause des enquêtes les concernant. C’est un groupe qui est connu pour avoir fait des “burn” (vols de drogue chez d’autres trafiquants) et qui fait du trafic de drogue en prison. »

Selon la SQ, le gang est formé d’une vingtaine de membres. Son troisième chef allégué est Joe Clark Louis-Jean, détenu dans un autre établissement.

Cette organisation a multiplié les dossiers d’ordre disciplinaire dans la prison de Gatineau.