Un homme sorti de prison en août dernier, avant d'être arrêté à nouveau la semaine dernière, a déclaré à une juge que sa libération du mois dernier était... illégale.

Il affirme que sa libération était... illégale

Un homme sorti de prison en août dernier, avant d'être arrêté à nouveau la semaine dernière, a déclaré à une juge que sa libération du mois dernier était... illégale.
La cause de Kervin John, 40 ans, va dans tous les sens.
Kervin John a été libéré en août dernier, après avoir cité l'arrêt Jordan sur les délais judiciaires déraisonnables. Le principal intéressé a été arrêté en 2014 pour s'être introduit dans des résidences privées, afin d'y observer les occupants endormis, la nuit.
Se représentant seul, il a remporté sa cause en évoquant les délais déraisonnables.
Son procès devant jury, prévu au mois d'octobre 2018, allait bien au-delà des limites fixées par la Cour suprême, soit 30 mois entre le début et la fin des procédures judiciaires.
Le 6 septembre dernier, le sans-abri, de nouveau en liberté, a répété ses agissements, à la seule différence qu'il n'a pas regardé les citoyens endormis. La police de Gatineau l'a arrêté au petit matin, dans le secteur Gatineau. Des résidents ont rapporté qu'un homme avait tenté d'ouvrir leur fenêtre, ou qu'il était entré chez eux par une porte-fenêtre.
«Illégal»
Verbomoteur décousu, le prévenu a dénoncé, jeudi, le système judiciaire qui avait fait de lui un sans-abri criminalisé. Cette journée était réservée à la tenue de son enquête sur remise en liberté.
«Lorsque j'ai été libéré du centre de détention (au mois d'août), c'était illégal. On ne peut pas libérer un sans-abri de cette façon.»
La procureure de la Couronne, Me Christine Lambert, s'est demandé pourquoi l'homme voulait, dans la cadre de son enquête sur sa remise en liberté, d'être justement libéré à nouveau.
Une annexe du Code criminel garantit effectivement certains droits aux sans-abris libérés d'un centre de détention. «Lorsqu'un détenu est libéré et qu'il n'a pas d'argent, de vêtements ou de moyens de transport pour se rendre à son domicile, le directeur de l'établissement doit lui fournir (le nécessaire)», est-il écrit dans cette annexe.
On lit, au paragraphe suivant, que le directeur doit «prendre les mesures nécessaires» pour aider un détenu à se trouver un domicile, si ce dernier n'en a pas à sa sortie de prison. Kervin John multiplie ses frasques entre chaque sortie de prison. C'est la première fois qu'il évoque cette clause.
Il se dit victime d'un système qui l'a placé malgré lui dans les rangs des hors-la-loi et des sans-abris.
Enfin, le prévenu a demandé à être libéré en attendant la suite des nouvelles procédures judiciaires pour introductions par effraction.
Il a affirmé vouloir s'inscrire à l'aide sociale, et se trouver une résidence dès qu'il quittera sa cellule. La juge doit rendre sa décision lundi.