Ian Bush vient d'être reconnu coupable de trois meurtres prémédités.

Ian Bush coupable sur toute la ligne

«Tout ce que je peux souhaiter, ce n'est peut-être pas quelque chose de bien à dire, je lui souhaite vraiment de croupir, de mourir et de pourrir en prison.»
Jean-Claude Demers n'avait que des mots durs envers celui qui a tué son bon ami, l'ex-juge Alban Garon, le 29 juin 2007 à Ottawa.
À côté du pauvre homme, sa conjointe, Raymonde Garon, et leur amie, Marie-Claire Beniskos, n'ont eu aucune chance. Elles ont aussi été battues, ligotées, et asphyxiées à mort, sac de plastique sur la tête, dans le condominium du couple Garon.
Le crime a été élucidé en 2015.
Le meurtrier, Ian Bush, en voulait à la Cour canadienne de l'impôt, où avait travaillé le juge Garon.
Mercredi, le jury a reconnu coupable Ian Bush des trois meurtres prémédités, après avoir délibéré moins de deux heures, un record selon le procureur de la Couronne au dossier, Me James Cavanagh,
Le procureur Cavanagh a lu une lettre écrite par le porte-parole de la famille Beniskos. Sous l'anonymat, il s'est adressé à Ian Bush, un homme narcissique et capable d'une violence sans nom.
«Ian Bush, je ne vous ferai pas la grâce de vous appeler "Monsieur" car c'est un terme que je réserve aux gens que respecte. Je n'ai pas de respect pour vous. Vous avez tué trois personnes innocentes, de bonnes personnes que vous ne connaissiez même pas. Mais vous vous en foutez. Vous aimez probablement cette attention... Voir des reportages sur vous. Vous êtes pathétique et sans respect. Nous sommes libres. Qui rit, maintenant ?», a écrit le porte-parole, qui a remarqué, lors du procès, que l'accusé souriait à quelques reprises, lors des témoignages et présentations de nombreuses preuves troublantes.
À l'extérieur du palais de justice d'Ottawa, au terme de ce procès de sept semaines, Jean-Claude Demers était soulagé du verdict. 
«Justice a été rendue, a-t-il dit, émotif. On se rappelle encore de ces gens qui nous ont quittés, avec beaucoup de tristesse.»
Le juge Colin McKinnon a prononcé trois peines automatiques de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
«Vous avez forcé les membres de votre propre famille à témoigner contre vous, vous n'avez pas honte», a dit le magistrat.
«Je ne suis pas désolé pour vous, a écrit le porte-parole anonyme. Mais je suis désolé pour l'héritage que vous laissez à votre famille. Je ne suis pas désolé que vous passiez le reste de votre vie pathétique dans une cage, comme l'animal que vous êtes.»
L'avocate d'Ian Bush, Me Geraldine Castle-Trudel, a dit que son client voudra probablement en appeler du verdict. Elle a précisé qu'elle ne se replongera pas dans ce dossier à nouveau.
Me Cavanagh et les enquêteurs au dossier se sont dits extrêmement satisfaits du verdict de culpabilité prononcé par le jury, qu'il a qualifié «d'attentif et d'intelligent».
Jean-Pierre Lurette, qui a découvert sa soeur et son beau-frère sans vie en 2007, a remercié le jury, la police d'Ottawa, les avocats de la Couronne, et les journalistes. Appelé à commenter brièvement ses états d'âme, il a préféré se retirer de la mêlée de presse pour rejoindre les siens, trop ému pour répondre.
Jean Perley, l'amie de Marie-Claire Beniskos, était présente à chaque journée du procès. «Je devais montrer ma sympathie et mon support pour la famille.»
Lorsque Ian Bush  s'est levé du box des accusés, en direction du pénitencier, des proches des victimes n'ont pu s'empêcher d'applaudir, malgré le décorum qu'exige une salle de cour.
Dans la salle d'audience pleine à capacité, un proche a poussé un cri de joie, suivi de quelques rires de satisfaction.
Les familles se sont étreintes, avant d'en faire autant avec les avocats de la Couronne et les enquêteurs de la police d'Ottawa.