L'ex-conseiller Alain Riel lors de sa visite sur le chantier de l'Hotel British, en 2013.

Hotel British: Alain Riel blanchi

L'ex-conseiller gatinois Alain Riel n'aura pas à débourser 750 000$ pour avoir qualifié de «criminel» certains travaux entrepris à l'Hôtel British du secteur Aylmer, en 2013.
Le juge Dominic Goulet, de la Cour supérieure, a rendu sa décision lundi matin.
À l'époque, le conseiller du secteur Aylmer avait publiquement dénoncé des travaux entrepris sur le mur ouest du bâtiment historique.
« C'est criminel, avait dit le politicien. Pour le secteur, c'est notre Chez Henri », 
Chez Henri est ce bâtiment du Vieux-Hull plongé au coeur d'une saga politique et judiciaire au début des années 2000, lorsque la Ville de Gatineau et le propriétaire, Nader Dormani, étaient à couteaux tirés concernant la réfection de cet autre bâtiment historique.
À ce moment, l'Hôtel British était en réfection. Des permis de la Ville avaient été émis, mais le conseiller avait mentionné que tous les papiers officiels n'avaient pas été donnés à l'entrepreneur, concernant le mur ouest.
« Problème de structure mon oeil », avait rajouté M. Riel.
Par la suite, Alain Riel s'est rétracté sur les ondes du 104,7 FM à l'émission L'Outaouais maintenant, du 17 juin 2013. Il a reconnu qu'il n'était pas au courant, avant de parler publiquement, que l'enlèvement du mur ouest avait été autorisé avec un permis partiel, le 24 janvier 2013.
Le propriétaire, Michael Clemann, a déposé une mise en demeure de 750 000 $ en diffamation contre Alain Riel, le 18 juin suivant.
La Ville et le propriétaire ont régularisé les documents nécessaires aux travaux du chantier, le 19 juin.
Le juge Goulet a retenu que l'utilisation du terme « criminel » était une figure de style, et que M. Clemman demeurait un homme d'affaires respectable.
L'homme d'affaires a dit lors du procès qui a eu lieu les 23, 24, et 25 janvier dernier, qu'il avait dû rassurer ses investisseurs, et qu'il était la cible de mauvaises blagues sur son commerce, en raison des propos de M. Riel.
En conclusion, le juge Goulet « est d'avis que les propos n'étaient pas diffamatoires et que la conduite du défendeur (Riel) n'était pas fautive au sens de la responsabilité civile. »
« Déçu » et « soulagé »
L'avocat de M. Clemann, Me Richard Leblanc, s'est dit « déçu » du résultat, alors que le procureur de M. Riel, Me Pierre Mc Martin, s'est montré soulagé du verdict du juge. Pour Me Mc Martin, les élus ont le droit et le devoir de prendre la parole en public. 
Bien que le propriétaire du British ait 30 jours pour en appeler de la décision, son avocat ne croyait pas, lundi, qu'un tel recours soit entamé.