La rue Rideau était encore fermée à la circulation, lundi matin.

Homicide sur la rue Rideau

Le Service de police d'Ottawa a ouvert une enquête pour meurtre après un incident survenu près de l'intersection des rues Rideau et Augusta, vers 1 h lundi matin.
Les forces de l'ordre ont été interpellées au milieu de la nuit après que des coups de feu aient été entendus près du bar Mingle Room. Un homme blessé par balle a été retrouvé. Son décès a été constaté sur place.
Selon les policiers, une dispute est survenue à l'intérieur du bar, avant de prendre cette tournure tragique. « Ça prouve à quel point une situation peut dégénérer rapidement, indique le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau. On voit plusieurs situations similaires, où le niveau de violence augmente très rapidement. Les gens ont un fusil en leur possession et l'utilisent vraiment rapidement. »
La victime est Ashton Dickson, un ancien étudiant-athlète de l'Université Saint-François-Xavier en Nouvelle-Écosse. Le compte Twitter du service des sports de l'institution lui rendait hommage, lundi après-midi. Dickson a été finaliste lors de la remise du trophée Hec-Crighton en 2015, remis annuellement au meilleur joueur de football du réseau universitaire canadien.
La rue Rideau a été fermée à la circulation entre les rues Chapel et Augusta pour une bonne partie de la journée lundi pendant que les enquêteurs recueillaient des preuves.
L'enquête en est encore à un stade préliminaire, selon le constable Charles Benoit, porte-parole du Service de police d'Ottawa. L'attaque ne serait toutefois pas aléatoire. Les enquêteurs tentent encore de déterminer quel est le lien entre la victime et le suspect qui reste à être identifié.
Il s'agit du second événement du genre à survenir dans ce secteur en moins d'une semaine. Tôt jeudi matin, un homme de 25 ans a été blessé à l'arme blanche après une fusillade sur la rue Rideau, à quelques pas de la même intersection.
« On travaille en étroite collaboration avec les propriétaires du bar pour cibler ce qu'on peut faire pour s'assurer que le secteur demeure sécuritaire », explique le chef Charles Bordeleau.
L'unité des crimes majeurs de la police d'Ottawa recherche des témoins potentiels pour obtenir de l'information qui permettrait de procéder à l'arrestation du coupable dans cette affaire. Plusieurs personnes se trouvaient sur les lieux au moment des faits, selon le constable Benoit, mais les enquêteurs souhaiteraient rencontrer plus de personnes pour étoffer leur dossier. 
Toute personne qui est en mesure d'aider à cette enquête peut composer le 613-236-1222, poste 5493, pour joindre un enquêteur affecté à cette affaire.
Mathieu Fleury inquiet
Même s'il soutient que l'enjeu des gangs de rue n'est pas nouveau à Ottawa, le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, qualifie la situation de très inquiétante. « Ce sont des gens ciblés et ça se passe la nuit, mais c'est très résidentiel dans ce coin-là. On ne fait pas une bonne job, on doit en faire plus pour mieux prévenir ce genre d'incident. Non seulement la police, à travers des initiatives d'infiltration des gangs, mais la communauté aussi, qui doit se responsabiliser face à ça. On vit tous les impacts du crime, mais on y réagit trop tard, malheureusement », affirme-t-il. L'élu indique aussi qu'il y aurait lieu de déployer des ressources proactives sur le terrain, par exemple de hausser le nombre de patrouilles de policiers à pied dans les rues, question d'augmenter le sentiment de sécurité de la population. À quelques jours du long congé de la fête du Canada et alors que des centaines de milliers de personnes sont attendues dans la capitale fédérale, M. Fleury soutient ne pas craindre qu'un autre événement de ce type ne vienne assombrir les festivités, « les gangs évitant habituellement les grands événements publics ».
Avec Daniel LeBlanc 
et Marika Bellavance

Taux de criminalité en hausse à Ottawa

La violence est encore bien présente dans les rues de la capitale nationale. Le niveau de criminalité a augmenté de 6,8 % à Ottawa l'année dernière, selon le Rapport annuel 2016 du Service de police d'Ottawa (SPO) publié lundi.
Depuis le début de 2017, cinq homicides sont survenus, comparativement à huit l'an dernier, à pareille date.
« Les gens ont recours aux armes. L'année dernière, il y a eu au total 25 homicides et un nombre record de fusillades. À date cette année, on compte 30 fusillades, dont neuf en juin », indique le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau.
La gravité des crimes violents - tels que meurtres, agressions physiques, agressions à caractère sexuel et enlèvements - a d'ailleurs augmenté de 13 %.
« Il y a beaucoup de facteurs dans la communauté qui contribuent à l'augmentation du taux de criminalité, explique le chef Bordeleau. Ce n'est pas seulement relié à notre façon de déployer nos agents. Pour diminuer la violence, il faut s'attaquer aux problèmes et à ce qui se passe dans la communauté. »
Le SPO a effectué des modifications en ce qui a trait à ses patrouilleurs, ses enquêtes criminelles et le déploiement de ses effectifs « pour être plus proactif et pour continuer à donner les services que la communauté a besoin ». Selon le chef Bordeleau, des améliorations pourront être observées « à long terme ».
« On va se rencontrer prochainement pour parler de la violence dans nos rues et pour comprendre les raisons de ce comportement », poursuit-il.
Fête du Canada
Le chef Bordeleau a d'ailleurs indiqué que le niveau de sécurité sera fortement augmenté pour la fête du Canada.
« Les résidents et visiteurs peuvent s'attendre de voir une très forte présence policière au cours des célébrations, souligne-t-il. Il s'agit du plus grand déploiement policier de l'histoire pour la fête du Canada. »
Marika Bellavance, Le Droit