Hassan Diab estime qu'un élément de preuve qui l'aurait tout de suite innocenté aux yeux de la justice française a été retenu par les autorités canadiennes, ce qui serait à l'origine de ses malheurs.

Hassan Diab dépose une requête en cour, réclame 70 millions $ à Ottawa

Hassan Diab estime qu'un élément de preuve qui l'aurait tout de suite innocenté aux yeux de la justice française a été retenu par les autorités canadiennes, ce qui serait à l'origine de ses malheurs.

Le professeur de sociologie dont l'extradition réclamée par la France l'a conduit à trois ans de prison a déposé une requête à la Cour supérieure de l'Ontario, tout en invitant le gouvernement canadien à régler cette affaire à l'amiable.

«Dr Diab espère que le gouvernement saisira l'occasion pour résoudre ce dossier de façon raisonnable dans les plus brefs délais», a offert son avocat, Me Guy Pratte, lors d'une conférence de presse vendredi matin, à Ottawa.

Sa poursuite réclame 70 millions $ pour M. Diab, sa conjointe et leurs enfants.

M. Diab s'était battu en vain au Canada pendant six ans contre la demande d'extradition. On le soupçonnait, en France, d'avoir participé à un attentat terroriste contre une synagogue parisienne en 1980.

Il a toujours maintenu qu'il y avait erreur sur la personne.

Ottawa l'a remis aux autorités françaises en novembre 2014. En janvier 2018, la justice française ordonnait sa libération, concluant qu'il n'y avait pas d'éléments de preuve assez solides pour lui faire subir un procès.

À sa libération, M. Diab avait dit qu'il n'envisageait pas réclamer la moindre compensation financière à l'État canadien. En juillet dernier, la publication d'un rapport qui concluait que le gouvernement canadien avait agi selon les règles dans ce dossier l'avait poussé à changer d'avis.

«Pendant presque une décennie, ma liberté et ma vie m'ont été volées», s'est plaint M. Diab vendredi matin.

Selon la requête déposée en cour, les autorités canadiennes avaient en leur possession des empreintes digitales qui auraient pu servir à prouver l'innocence de M. Diab.

Or, cet élément n'aurait pas été donné aux avocats de M. Diab ni au juge canadien qui a permis l'extradition vers la France.

«Si le tribunal avait eu (...) la preuve d'expert que le gouvernement canadien avait en sa possession qui était de nature exculpatoire, c'est-à-dire tendait à innocenter Dr Diab, (...) il n'aurait pas été extradé», estime Me Pratte.