Mélissa Lambert et Guy Dupont

Guy Dupont a connu le même destin funeste que Mélissa Lambert

Trois-Rivières — Dix ans après le meurtre de Mélissa Lambert, le destin de celui qui était considéré comme un témoin important dans cette affaire est maintenant connu. Les ossements de Guy Dupont, qui s’était volatilisé à la suite de l’assassinat de la femme de 31 ans, ont été découverts le 7 juillet 2015 à Saint-Cuthbert. Et comme sa conjointe, il aurait été tué par arme à feu.

En effet, selon le rapport de la coroner, Amélie Coutu, «le décès de la victime est probablement attribuable à un traumatisme crânio-cérébral par arme à feu». La date du décès n’a pu être déterminée. Il a été identifié par expertise dentaire. Quant à Mélissa Lambert, elle avait été atteinte par deux projectiles d’arme à feu à la tête dans la nuit du 6 janvier 2009 alors qu’elle se trouvait dans le condo de Guy Dupont, sur la rue Perreault, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Ce sont des voisins alertés par les aboiements d’un chien qui avaient fait la triste découverte. Guy Dupont, qui avait alors 39 ans, était introuvable. Le même jour, en après-midi, son véhicule avait été trouvé derrière les Galeries du Cap. Depuis, plus rien.

Guy Dupont était considéré comme un témoin important concernant l’assassinat de Mélissa Lambert.

Cette découverte écarte l’hypothèse du meurtre suivi d’un suicide. Toutefois, les circonstances entourant ce crime demeurent très nébuleuses. «Les enquêteurs vont regarder toutes les hypothèses possibles. Est-ce que c’est un drame conjugal? Est-ce que ç’a été déguisé en drame conjugal, et puis finalement, c’est un règlement de comptes? Est-ce qu’ils sont décédés en même temps ou il y a eu un laps de temps entre les deux? C’est vraiment ce qui va être analysé par les enquêteurs», explique la capitaine Martine Asselin, chef du service des communications à la Sûreté du Québec.

Mais pourquoi avoir attendu plus de trois ans avant de médiatiser que les restes de Guy Dupont avaient été trouvés? «Tant et aussi longtemps qu’un dossier n’est pas résolu, il est évident qu’il y a des éléments que les enquêteurs vont désirer ne pas dévoiler pour pouvoir les utiliser lors d’un interrogatoire. Ça faisait partie de la stratégie de conserver cette information à l’époque», précise la porte-parole.

Mélissa Lambert a été tuée par arme à feu le 6 janvier 2009.

Au cours des derniers jours, la Sûreté du Québec a transféré ce dossier à son unité des crimes non résolus. «Souvent un crime va devenir un dossier non résolu lorsque d’une part, l’ensemble des informations qu’on a reçues ont été validées, et que d’autre part, les pistes qu’on avait ont été étudiées. Quand on est rendu là, il va être confié à des enquêteurs dont le travail est spécifiquement consacré à ces dossiers», mentionne la capitaine Asselin.

Juste le fait que ces dossiers soient examinés avec un oeil neuf permet parfois d’envisager de nouvelles avenues et de faire évoluer le dossier. «D’une part, il y a une relance qui est faite. Ça peut être des éléments qui sont renvoyés à l’analyse d’ADN. Est-ce qu’on va utiliser une nouvelle technologie qu’on n’avait pas à l’époque? Ça va vite la technologie en dix ans. Est-ce que l’enquêteur qui va regarder le dossier va voir un angle qui n’avait peut-être pas été exploité? Des témoins qui n’avaient pas voulu parler à l’époque peuvent aussi avoir changé d’idée», énumère la capitaine Asselin.

Plusieurs policiers de la Sûreté du Québec et de la police de Trois-Rivières avaient été déployés pour mettre la main sur le meurtrier de Mélissa Lambert et pour retracer Guy Dupont. ­

Mais il reste que le dénouement d’une enquête dépend souvent de la collaboration de la population. «Il y a toujours quelqu’un qui sait quelque chose quelque part. Peut-être qu’à un certain moment, la personne n’était pas à l’aise de parler pour des raisons familiales ou à cause d’une relation de couple, mais dix ans plus tard, elle réalise que ça ne nuira peut-être pas à la relation d’en parler aujourd’hui, et ça permet d’avancer.»

Les proches de Mélissa Lambert ont préféré ne pas nous accorder d’entrevue. Toute information peut être transmise en toute confidentialité à la centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.

Le meurtre avait été perpétré dans le condo de Guy Dupont, sur la rue Perreault, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.
Malgré les efforts des policiers, ce dossier n’a pas encore été résolu. Il a été transféré à l'unité des crimes non résolus de la Sûreté du Québec.