Le Grand chef autoproclamé Guillaume Carle vient de se voir interdire l’accès à sa propre forteresse, alors qu’il ne peut même plus assister aux réunions de la Confédération des peuples autochtones du Canada qu’il a lui-même créée.

Guillaume Carle ne peut plus fréquenter sa propre Confédération

Le Grand chef autoproclamé Guillaume Carle vient de se voir interdire l’accès à sa propre forteresse, alors qu’il ne peut même plus assister aux réunions de la Confédération des peuples autochtones du Canada (CPAC) qu’il a lui-même créée.

M. Carle a été arrêté dimanche lors d’une assemblée de la CPAC à Gatineau. Il a comparu lundi sous trois chefs criminels de menaces et un autre pour avoir troublé la paix.

La police de Gatineau est intervenue au Centre communautaire Pierre-Arthur-Guertin, située au 16, rue Bériault, où les choses se sont corsées entre M. Carle et des proches de la CPAC.

Selon l’acte d’accusation, Guillaume Carle a entre autres contrevenu à l’article 175 du Code criminel parce qu’il aurait « fait du tapage dans un endroit public (...) en se battant, en criant, vociférant, jurant, chantant ou en employant un langage insultant ou obscène ».

Dans le box des accusés, lundi, le principal intéressé a eu maille à partir avec le procureur de la Couronne quant à ses conditions de remise en liberté.

Selon les conditions du tribunal, il lui est interdit de se trouver au centre communautaire ni « se présenter ou participer à aucune rencontre de la CPAC ». L’accusé s’est évidemment opposé à cette condition, pour finalement se raviser. « Je démissionne (de la CPAC) “séance tenante” », a-t-il lancé, visiblement fatigué, et réclamant des soins médicaux.

L’audience, remise au lendemain, s’est enfin déroulée dans un climat plus serein. En plus de ces conditions touchant la CPAC, M. Carle ne pourra communiquer ou se trouver à moins de 50 mètres des victimes alléguées, de leurs domiciles et de leurs familles.

Le tribunal lui interdit aussi de posséder des armes en attendant la fin des procédures judiciaires touchant de dossier.

Poursuite

Cette affaire risque de provoquer un défi logistique au palais de justice de Gatineau. C’est que M. Carle et les membres de la CPAC poursuivent plusieurs médias et organismes en diffamation. Il réclame 930 millions $ au Droit, CBC Radio-Canada, La Presse, TVA, la nation huronne-wendate, le conseil de bande Kitigan Zibi Anishinabeg, la Police Kitigan Zibi Anishinabeg, les Peacekeepers de Kahnawake, et la radio FM 93 Québec.

Mercredi, il était toujours inscrit au dossier en tant que dirigeant de la CPAC.

Il reproche entre autres la diffusion d’informations voulant que la Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec et l’Agence du revenu du Canada mènent des enquêtes sur l’utilisation de cartes émises par la CPAC pour obtenir des exemptions de taxes illégales.

Dans le cadre de cette poursuite, M. Carle se fait l’intermédiaire des autres demandeurs devant le tribunal. Il ne peut toutefois agir en tant que mandataire ou représentant officiel, selon une décision de la Cour supérieure rendue le 4 juillet dernier.