Réjean Tremblay n’aura pas à séjourner derrière les barreaux, car il purgera sa peine en société.

Grossière indécence: sentence en société pour un septuagénaire

Le septuagénaire Réjean Tremblay ne pouvait éviter une peine de détention pour avoir commis des gestes de grossière indécence et d’attentat à la pudeur sur des connaissances de son enfance. Mais le Code criminel ne l’oblige pas à aller en prison. Le tribunal lui impose donc une peine de deux ans moins un jour à purger en société.

L’homme âgé aujourd’hui de 76 ans a commis les gestes qui lui sont reprochés entre janvier 1956 et février 1961 sur une première victime, alors qu’il était lui-même d’âge mineur et de février 1961 à mars 1966 sur une deuxième plaignante, alors qu’il était devenu adulte.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a rendu une sentence écrite de 19 pages. Il s’est rangé derrière la suggestion de Me François Dionne, en défense, alors que Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), demandait deux ans de détention ferme.

Tremblay a touché les seins et le vagin d’une victime et l’a obligée à lui toucher le pénis. Pour la seconde victime, il a demandé qu’elle lui urine dans la bouche, alors qu’elle se trouvait debout au-dessus de lui.

Le client de Me François Dionne a plaidé coupable le 1er novembre 2018 en évitant un procès. Car l’individu n’a jamais nié les événements. Mais il les a cachés à ses proches. Il lui a d’ailleurs été difficile d’en parler à ses deux filles, mais celles-ci, même si elles n’approuvent pas ce que leur père a fait, ont parlé d’un homme bon qui les a toujours bien guidées.

Réjean Tremblay, qui a commis les gestes à Saint-Honoré, exprime de la honte et du dégoût envers lui-même pour son comportement, mentionne le magistrat.

Dans la décision, le juge retient que les gestes posés se sont déroulés sur une période assez longue et que l’accusé a profité du fait qu’il était plus âgé pour abuser des victimes. Le magistrat retient aussi le fait qu’il y ait eu deux victimes et leur bas âge (8 et 11 ans).

En contrepartie, le juge Boudreault indique que le plaidoyer de culpabilité, les remords de l’accusé, le contexte des agressions, le faible risque de récidive et le comportement de l’individu après les crimes et sa contribution à la société ont été considérés comme des facteurs atténuants.

Au terme de la peine en société de deux années moins un jour, Réjean Tremblay sera soumis à une probation de 36 mois. Durant la sentence, il devra fournir un échantillon d’ADN et s’inscrire au registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Réjean Tremblay sera assigné à domicile 24 heures sur 24 au cours des 12 premiers mois de la peine. Ce sera de 22 h à 6 h pour les six mois suivants et de 23 h à 6 h pour les six derniers mois. Il ne pourra communiquer avec les plaignantes.