Daniel Lessard, Geneveive Casey et Catherine Barrière-Gratton.

Grève d’une journée à l’Aide juridique

Une partie des activités judiciaires de l’Outaouais sera affectée ce jeudi, en raison d’une grève d’une journée des avocats de l’Aide juridique.

Les 23 employés syndiqués en Outaouais réclament la parité salariale avec les procureurs de la Couronne, leurs vis-à-vis du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Les avocats de l’Aide juridique représentent les justiciables aux moyens financiers limités ayant des causes à défendre, tant au niveau criminel, civil, que familial, ou devant le Tribunal de la jeunesse. Les avocats de l’Aide juridique gèrent aussi de nombreux cas impliquant des citoyens aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Sans contrat de travail depuis trois ans, ces avocats réclament l’équivalent des récentes augmentations salariales obtenues par les procureurs de la Couronne, soit 2,5 % par année pendant quatre ans.

Leurs causes devant être entendues dans les palais de justice de Gatineau, Campbell’s Bay et de Maniwaki, seront remises.

Des cadres du Centre communautaire juridique de l’Outaouais n’auront d’autre choix que de demander aux juges de remettre au lendemain, ou à une autre date, leurs dossiers inscrits au rôle.

Cette grève ne touche pas les justiciables représentés par des avocats du secteur privé exerçant des mandats de l’aide juridique.

Bon an mal an, en Outaouais, 16 000 personnes bénéficient de l’aide juridique. De ce nombre, la moitié, soit 8 000, sont représentées par les 23 avocats syndiqués de la région. L’autre partie est assurée par des avocats privés, qui, parallèlement, demandent aussi au gouvernement d’améliorer la rémunération liée à la prise de tels mandats.

Services
Deux avocats – un civiliste et un criminaliste – resteront en fonction au Centre communautaire juridique de l’Outaouais, pour parer aux urgences.

« Cette parité (avec le bureau du DPCP) vise l’équilibre du système », explique Me Geneviève Cassey, du bureau régional d’aide juridique.

Le président régional du syndicat, Me Daniel Lessard, explique que le réajustement salarial vise à éviter la fuite de bons éléments et d’avocats expérimentés vers d’autres ministères, ou le fédéral, du côté d’Ottawa, où les conditions salariales sont généralement meilleures.

« Les cas lourds de santé mentale, c’est nous qui les avons, complète Me Lessard. Ce n’est pas seulement la représentation des plus démunis. C’est une vocation sociale, c’est travailler avec un enfant, un parent seul, un travailleur sous le seuil de la pauvreté, un citoyen moins fortuné qui veut entreprendre un recours contre un organisme public. »

Chaque année, 225 000 Québécois se prévalent de l’aide juridique.

De passage au palais de justice de Gatineau, mercredi, la ministre de la Justice sortante, Stéphanie Vallée, a dit vouloir « garder une certaine réserve » sur les négociations en cours entre les syndiqués et l’État québécois.