Sofiane Ghazi

Ghazi veut retirer son plaidoyer de culpabilité

MONTRÉAL — Le Montréalais Sofiane Ghazi, qui avait plaidé coupable il y a 12 jours d’avoir poignardé mortellement son enfant à naître, a annoncé mardi au tribunal qu’il souhaitait maintenant retirer ce plaidoyer.

Sofiane Ghazi a indiqué au juge qu’il avait congédié les avocats qui le représentaient tout au long de l’affaire, parce qu’ils ne l’auraient pas correctement informé de ses droits. De leur côté, ses avocats ont déclaré qu’ils auraient eux-mêmes demandé de se retirer si M. Ghazi ne les avait pas renvoyés.

Cette décision a surpris la Couronne et le juge Jean-François Buffoni, de la Cour supérieure du Québec, mardi matin, lors de cette audience qui devait être consacrée à la détermination de la peine, à la suite du plaidoyer de culpabilité.

La cause a été reportée au 8 octobre, afin de permettre à M. Ghazi de discuter de la question avec un nouvel avocat.

Au deuxième jour de son procès pour meurtre au premier degré et tentative de meurtre, le 5 septembre, Sofiane Ghazi, âgé de 39 ans, avait soudainement plaidé coupable à des accusations réduites de meurtre au deuxième degré du garçon à naître, et de voies de fait graves contre sa femme enceinte.

Le meurtre au deuxième degré est assorti d’une peine automatique de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans – c’est le juge au procès qui détermine ensuite la durée de cette période.

Dans un exposé conjoint des faits, M. Ghazi admettait avoir poignardé sa femme 19 fois avec une fourchette à viande – 12 fois du côté gauche du ventre et sept fois dans le haut de la cuisse gauche.

De ce nombre, neuf coups avaient blessé le bébé qui se trouvait dans le ventre de sa mère ; les blessures ont pu être constatées à sa naissance.

La mère – et aujourd’hui ex-femme de l’accusé –, transportée d’urgence à l’hôpital, a survécu à l’agression du 24 juillet 2017. L’enfant, désigné « bébé Ghazi » au procès, était né par césarienne pratiquée d’urgence. Des battements de cœur ont été observés durant plusieurs minutes après sa naissance, mais le bébé a ensuite succombé aux blessures infligées.

Enfant à naître

La cause de la mort du poupon a été attribuée à un traumatisme causé par un objet pointu dans l’utérus, mais M. Ghazi a admis au procès que « bébé Ghazi » était effectivement mort plus tard, alors qu’il était devenu un être humain.

En vertu du Code criminel, « un enfant devient un être humain au sens de la loi lorsqu’il est complètement sorti, vivant, du sein de sa mère – qu’il ait respiré ou non, qu’il ait ou non une circulation indépendante, que le cordon ombilical soit coupé ou non ».

Au moment de l’agression, le couple était marié depuis 12 ans et la femme était enceinte de 36 semaines. Son identité et celle des deux autres enfants du couple sont protégées par une ordonnance de non-publication du tribunal.