Junniko Lavert Beals, 22 ans, se fait aussi rappeur à ses heures. Il utilise le nom d’artiste Moneybealz sur la plateforme YouTube

Gangs de rue: des ramifications de la Nouvelle-Écosse à l’Outaouais

Un membre d’un dangereux gang de rue de la Nouvelle-Écosse a été arrêté pour traite de personne en sol gatinois, le mois dernier. Loin de son village natal, le jeune homme tentait d’établir ses pénates dans le Plateau. Il espérait ainsi fuir les autorités néo-écossaises en se «fondant dans le décor» d’une rue apparemment sans histoire.

Junniko Lavert Beals, 22 ans, se fait aussi rappeur à ses heures. Utilisant le nom d’artiste Moneybealz sur la plateforme YouTube, il arbore fièrement une arme de poing, se vante de contrôler des filles, et pose avec d’autres membres de son gang nommé «Loyal To The Family (LTF)».

Le LTF, créé autour des années 2012-2013, contrôle une partie de North Preston, un village faisant partie de la Municipalité régionale de Halifax. Ce secteur a une vieille réputation de terrain fertile au crime et à la guerre entre gangs de rue. Les inconnus y sont rapidement remarqués.

Le LTF revendique le territoire de North Preston, principalement l’intersection des rues Clarence et Cain, selon ce que l’on peut voir dans un vidéoclip du rappeur.

On voit des membres du LTF entourer une pierre tombale d’un certain Daverico Shanielle «Davie» Downey, abattu à l’âge de 20 ans en 2016.

Le LTF serait en guerre avec le Head Busting Crew (HBC), qui dispute aussi une partie du territoire de North Preston.

Gatineau

Selon ce que Le Droit a appris, Beals est déjà bien connu des autorités néo-écossaises.

Il a quitté sa province maritime pour l’Outaouais cet été, avec au moins une jeune femme. Cette dernière s’est trouvée du travail comme effeuilleuse au Bar 77, dans le secteur Gatineau.

La stratégie de M. Beals de changer de province — et de juridiction — a connu une fin abrupte à la fin du mois dernier.

Les choses ont mal tourné dans la nuit du 29 septembre.

De retour de sa nuit de travail, la jeune femme aurait été battue et étranglée par le suspect dans une résidence de la rue du Pirée, dans le Plateau.

La victime alléguée, privée de ses cartes d’identité et de son téléphone cellulaire, aurait demandé de l’aide à un passant, puis à une voisine, afin d’alerter les policiers.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a ouvert une enquête pour voies de fait et traite de personne.

Bien que le travail de la femme soit légal, le crime allégué de M. Beals consiste à garder l’argent de celle-ci, sous la contrainte.

Junniko Lavert Beals reste détenu de façon préventive en attendant la suite de son procès. Ses nombreux antécédents en matière d’agression sexuelle, de port d’arme illégal, et d’activités liées aux gangs de rue ont joué en sa défaveur.

Les documents de la Cour du Québec indiquent aussi qu’il est accusé de non-respect de condition, et de possession de biens criminellement obtenus. Dans ce dernier cas, il s’agirait de milliers de dollars appartenant à la victime, saisis dans l’appartement de la rue du Pirée.

L’avocat de la défense, Me Marino Mendo, a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité. Du côté de la Couronne, le dossier est piloté par Me Ghislain Gallant.

Le prévenu a comparu lundi au palais de justice de Gatineau. Le tribunal lui interdit de contacter deux personnes.