Karim Jean Gilles n'a pas témoigné à son procès, ni fait entendre de témoins.

Fillette défigurée par un pitbull: le procès criminel est terminé

Karim Jean Gilles, l’homme accusé de négligence criminelle pour les graves blessures subies par la petite Vanessa, violemment attaquée par l’un de ses pitbulls en 2015, a plaidé mardi qu’aucun témoin n’est venu dire que son chien avait attaqué un humain auparavant, et semble avoir laissé entendre qu’il y avait peut-être eu provocation.

Dans sa brève plaidoirie qui a duré tout au plus 10 minutes, l’accusé a souligné qu’une seule personne, Neil Alexander, a témoigné que son propre chien avait été attaqué par l’un de ses animaux. Et cela, alors que ses voisins immédiats qui ont des animaux n’ont jamais eu de problème avec ses deux chiens, Ashes et Jordan.

Les voisins n’ont pas rapporté de situations où les chiens ont été agressifs envers eux. Ashes et Jordan n’ont jamais essayé de mordre les voisins, a-t-il fait valoir au juge Pierre Bélisle.

« Je n’ai jamais voulu que quoi que ce soit arrive à quiconque », a-t-il déclaré.

La procureure de la Couronne Claudie Gilbert avait concédé dans sa propre plaidoirie que l’accusé « n’a peut-être pas voulu les conséquences, mais franchement, il a beaucoup couru après ».

Le 20 septembre 2015, au parc Marquise de Brossard, Vanessa, alors âgée de sept ans et en compagnie de sa mère et de sa jeune sœur, a été attaquée par l’un des chiens de l’accusé. Le chien a saisi la fillette au visage et l’a traînée sur quelques mètres. Il l’a aussi mordue au cou et elle a subi de nombreuses blessures, dont une fracture au crâne et à la main, et les os de sa mâchoire ont été broyés par le chien. Vanessa garde encore des séquelles, dont des cicatrices au visage.

L’accusé a parlé de provocation à quelques reprises dans sa plaidoirie.

« Par rapport à l’événement (qu’il n’a pas clairement identifié), je ne sais pas si la situation a été provoquée ou totalement accidentelle », a-t-il dit au juge Bélisle, d’une voix calme et posée. Il avoue toutefois qu’il n’était pas présent et qu’il n’a rien vu.

Une provocation possible ? « Ce n’est pas ce que la preuve révèle du tout dans tout le dossier », a rétorqué Me Gilbert lorsqu’elle a été interrogée par les journalistes à l’extérieur de la salle de cour.

Quant au père de Vanessa, Bernard Biron, il a été catégorique : il n’y a pas eu provocation et ses filles n’ont même pas approché les deux chiens.

« On voit qu’il (l’accusé) ne se soucie pas vraiment des autres personnes. C’est quelqu’un qu’on pourrait qualifier de sociopathe », a-t-il jugé.

Karim Jean Gilles n’a pas témoigné à son procès ni fait entendre de témoins.

Personne n’est venu dire comment les deux chiens se sont retrouvés au parc ce jour-là. Tout ce que l’on sait est que la mère de Vanessa, Magdalena Biron, a dit qu’en arrivant au parc avec ses deux petites filles, elle a aperçu la mère de l’accusé avec les deux chiens qui n’étaient pas en laisse.

Karim Jean Gilles est passible de 10 ans de prison.

Les parents de la petite Vanessa ont assisté aux deux jours du procès et Magdalena Biron a témoigné, racontant comment elle s’est jetée de tout son corps sur sa fille pour la protéger.

M. Biron a qualifié les deux jours d’éprouvants, mais nécessaires, car il espère que ce procès pourra faire réfléchir des propriétaires de chien qui ont des comportements négligents.

Par ailleurs, il s’est dit très déçu que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ait annulé le règlement municipal sur les pitbulls « sans avoir réfléchi plus que ça, j’ai l’impression ».

Le juge a fait savoir qu’il allait rendre son verdict jeudi.