Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Shrouq Thaher
Shrouq Thaher

Fausses allégations contre son ex: Le compte Tik Tok d'une influenceuse fermé

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Un tribunal de l’Outaouais a ordonné au réseau social Tik Tok de fermer les comptes d’une influenceuse qui répétait à ses 7,7 millions d’abonnés que son ex-conjoint était un violeur.

La Cour supérieure du Québec en Outaouais a exigé la collaboration de l’entreprise internationale, après plusieurs essais personnels infructueux de la part du père de famille.

«Les vidéos accusent donc monsieur d’être un agresseur sexuel de femmes, un escroc, un fraudeur, un falsificateur de documents, un batteur de femmes, écrit la juge Carole Therrien. Elle affirme que monsieur est aussi impliqué dans des incendies criminels et qu’il serait recherché dans le Moyen-Orient pour fraude. Elle publie son numéro de passeport.»

L’homme n’est pas identifié dans cette décision afin de protéger ses enfants mineurs, aussi impliqués malgré eux dans cette affaire.

Le compte TikTok a été fermé le 24 avril, deux jours après le jugement.

L’influenceuse poursuivie, Shrouq Thaher, s’exprimait sur son compte Tik Tok @shrouqsunshine. Dans un message sur You Tube, cette semaine, elle dit être elle-même victime de diffamation.

Selon la décision du tribunal, l’homme a rencontré cette dernière sur les réseaux sociaux. Ils se sont mariés en Égypte, et l’homme a parrainé Mme Thaher pour qu’elle obtienne sa citoyenneté canadienne.

«Au cours de ce processus, dit la juge, il est apparu que madame était déjà mariée, ce qui a éventuellement compromis l’obtention de sa citoyenneté. La preuve à ce stade est sommaire sur les circonstances qui ont mené aux derniers événements. Selon le demandeur, madame s’est alors «vengée» en déposant contre lui de fausses accusations criminelles, en le menaçant de mort et de voies de fait. Quoi qu’il en soit, madame aurait abandonné (...) deux enfants au poste de police où leur père les aurait recueillis.»

Dans sa demande au tribunal, le père indique travailler dans un domaine international dans lequel il jouit d’une certaine notoriété. Il aurait perdu des contrats en raison de ces allégations.

Une des vidéos accuse le père d’avoir agressé sexuellement l’une de ses filles depuis l’âge de 4 ans.

Aujourd’hui adulte, cette enfant a été informée de l’existence de ces propos. «Depuis, dit la juge, son état psychologique et sa vie sociale en ont été gravement affectés.»

Le 14 avril dernier, le père a envoyé une mise en demeure à Tik Tok et à son ex, les enjoignant essentiellement de retirer toutes les publications diffamatoires et de fermer les comptes.

Le 17 avril, le père a fait sa demande urgente au tribunal.

Le Journal de Montréal a précisé vendredi que le père demandait en plus un dédommagement d’un million de dollars de la part de Tik Tok et de l’influenceuse.

Message

L’influenceuse se dit elle-même victime de diffamation, dans une vidéo publiée sur YouTube la semaine dernière.

Le Droit a obtenu une traduction des propos de la femme expliquant en arabe son absence de Tik Tok. Elle précise qu’elle «n’est pas morte» et qu’il ne lui est «rien arrivé de grave».

«Mon compte Tik Tok a été banni, dit-elle. Il ne faut pas croire tout ce que les gens disent. C’est de la diffamation. J’ai été bannie (de Tik Tok) sans aucun préavis. Je ne suis pas quelqu’un qui va au-delà des règles d’utilisation, je n’ai jamais causé de problème. Je me suis retrouvée (ainsi) du jour au lendemain.»

Shrouq Thaher affirme qu’un membre de la direction de Tik Tok «travaille très fort» pour réactiver son compte, avant de réitérer qu’elle n’a rien fait pour mériter de perdre son compte.