Un corps a dû être exhumé dans un cimetière de Gatineau cet automne afin de récupérer une bague enterrée avec la défunte.
Un corps a dû être exhumé dans un cimetière de Gatineau cet automne afin de récupérer une bague enterrée avec la défunte.

Exhumer un corps pour une bague

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Une opération délicate et peu commune s’est déroulée dans un cimetière de Gatineau cet automne, alors qu’une équipe a dû récupérer une bague qui avait été malencontreusement enterrée avec une défunte.

Les tribunaux se prononcent sur des centaines de sujets, dont certains sont des plus sensibles. Un juge de la Cour supérieure a récemment dû étudier une telle demande, ces dernières semaines.

Le juge Jean Faullem a autorisé la demande en exhumation, permettant à l’Archidiocèse de Gatineau d’entreprendre les démarches pour récupérer le bijou ayant « une grande valeur sentimentale » pour la famille et le veuf. L’objet précieux devait être remis à la famille après les funérailles, mais une erreur s’est produite lors de la mise en terre de la défunte.

Intervention précise

Ce genre d’intervention doit se dérouler à l’abri des regards. Les responsables ont érigé des bâches autour du site d’exhumation lors des travaux qui se sont déroulés au cimetière Saint-Rédempteur, sur le boulevard Cité-des-Jeunes.

Les travaux ont été exécutés avec précision et dans le plus grand respect des défunts, rappelle le directeur des Jardins du souvenir, Daniel Dezainde.

« Nous n’avons pas eu à sortir le cercueil au complet. De dire que c’est un peu comme une fouille archéologique est un bon exemple. On atteint d’abord le cercueil. On sait où peuvent se trouver les mains. C’est ainsi qu’on “cible” notre intervention. »

Le cimetière Saint-Rédempteur, sur le boulevard Cité-des-Jeunes

Activités funéraires

Le Code civil et la loi sur les activités funéraires exigent qu’une telle décision soit prise par un tribunal pour des raisons de santé publique. « Il existe des demandes liées à des demandes d’autopsie, ou des demandes d’exhumation d’une personne décédée d’une maladie contagieuse », résume M. Dezainde.

Le tribunal a finalement confirmé l’accord du Directeur national de santé publique en vertu de l’article 57 de la Loi sur les activités funéraires, ainsi que celle de l’autorité ecclésiastique de l’Archidiocèse de Gatineau.

Une telle demande n’est pas une poursuite. Il s’agit d’une procédure stricte à respecter.

« Ce n’est pas fréquent, a expliqué M. Dezainde. C’est très rare. C’est peut-être plus fréquent lorsqu’il s’agit d’exhumation de cendres. Dans le cas qui nous préoccupe, il nous fallait un ordre du tribunal. »

Le tribunal a dû traiter cette demande dans de courts délais, explique le juge Faullem.

« L’opération d’exhumation du corps doit être effectuée avant que les conditions météorologiques ne rendent la tâche impossible. »