David Harvey (en mortaise) s'est évadé samedi de l'Hôpital Pierre-Janet et n'a pas été revu depuis.

Évasion d'un détenu: le syndicat réagit

Le détenu qui s'est évadé de l'hôpital psychiatrique Pierre-Janet, samedi dernier, aurait dû être accompagné d'au moins deux agents correctionnels, plaide leur syndicat.
Selon le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), Mathieu Lavoie, l'homme n'aurait pas dû se trouver seul avec une préposée aux bénéficiaires. 
David Harvey venait d'être transféré du centre de détention de Gatineau à l'établissement de santé, la journée de son évasion. Alors qu'il se trouvait dans l'angle mort de la préposée, il l'aurait assommée avant de voler sa carte magnétique et de prendre la fuite. L'homme de 22 ans a fui à pied avant l'arrivée des policiers. Le fugitif, accusé d'avoir commis deux violentes introductions par effraction à L'Ange-Gardien, était toujours introuvable, mardi après-midi.
«La direction (du Centre de détention de Gatineau) aurait dû allumer, commente M.Lavoie. Dans d'autres régions, la garde peut être assumée par deux agents correctionnels. C'est possible d'aller en externe avec une escorte de sécurité, lorsqu'il faut envoyer un détenu en psychiatrie.»
Selon le président du SAPSCO, le gestionnaire du centre de détention qui évalue le détenu peut recommander la présence de deux agents.
«On va profiter de l'événement pour changer des choses, répond le directeur du réseau santé mentale et dépendance de Pierre-Janet, Alain Godmaire. (Lundi), un adjoint du ministère de la Sécurité publique (MSP, responsable du système carcéral) m'a appelé pour m'offrir son aide pour revoir toutes nos façons de faire.»
L'hôpital Pierre-Janet n'est pas un établissement spécialisé en psychiatrie légale, comme l'Institut Philippe-Pinel de Montréal. Les ressources ne sont pas les mêmes. De plus, le centre de détention de Gatineau n'a pas d'aile psychiatrique. Il n'y a pas d'agent de sécurité attitré à Pierre-Janet.
Samedi, l'équipe de Pierre-Janet a examiné le détenu avant son admission. «Quand on admet un patient, on considère que les ressources sont en place», explique M.Godmaire.
Ce sont des préposés aux bénéficiaires qui sont en charge de contrôler un patient agité. «Soit on rajoute un préposé aux bénéficiaires, soit on le renvoie à la détention», note M.Godmaire. Depuis lundi, le directeur rappelle que cette situation est exceptionnelle. «Lorsque ça devient trop intense, on appelle la police.»
Le détenu qui s'est évadé la fin de semaine dernière alors qu'il était sous évaluation à l'hôpital Pierre-Janet n'a pas encore été repéré.