Michèle Audette songeait à quitter son poste de commissaire il y a deux semaines.

Enquête sur les femmes autochtones disparues: Michèle Audette reste en poste

OTTAWA — Michèle Audette mènera à terme l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Il y a 15 jours, la commissaire avait dit songer à quitter ses fonctions après le rejet par Ottawa de sa demande de prolongation de 24 mois. L’Enquête nationale s’est vu octroyer six mois supplémentaires par le gouvernement fédéral.

Dans un communiqué diffusé mercredi, Mme Audette réaffirme sa promesse envers les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, leurs familles et les survivantes de poursuivre la route à leurs côtés à titre de commissaire.

Michèle Audette ajoute que sa profonde déception à l’égard du gouvernement Trudeau persiste et qu’elle doit se résigner à ce que le rapport final ne puisse être aussi complet qu’il aurait pu l’être. Elle dit que son engagement demeure dicté par son coeur et que rien ne l’arrêtera.

Mme Audette précise que ce qui ne pourra pas être accompli par l’Enquête nationale sera énoncé dans les recommandations au gouvernement, pour lesquelles il devra en assumer la responsabilité.

Le gouvernement fédéral avait annoncé le 5 juin qu’il acceptait d’allonger de six mois la durée de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées sans préciser combien d’argent il allouera pour financer cette prolongation.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, avait fait valoir qu’accorder un délai encore plus long aurait menacé l’existence même de l’Enquête.

«Les décrets des provinces et des territoires expirent le 31 décembre et si une province ou un territoire avait décidé de ne pas prolonger la durée de son décret, nous n’aurions plus d’enquête nationale publique», avait-elle expliqué.

Ces décrets donnent le pouvoir aux commissaires de distribuer des assignations à comparaître pour pouvoir obtenir certains témoignages qu’ils jugent pertinents.

L’échéancier électoral est aussi entré en ligne de compte, avait reconnu la ministre. La prochaine élection fédérale est prévue le 21 octobre 2019.