Enfant martyr: le père dit ne pas avoir été «en contact avec la réalité»

Accusé d'avoir torturé son fils de 11 ans, un policier de la GRC a témoigné qu'il ne se rappelait pas d'avoir dit à un répartiteur du 9-1-1 qu'il avait fait du mal à son fils.
L'agent suspendu, qu'on ne peut nommer pour éviter d'identifier sa jeune victime, subit son procès au palais de justice d'Ottawa. Selon la Couronne, le père a torturé, affamé et humilié son fils.
L'accusé a poursuivi son contre-interrogatoire jeudi.
La défense tente de convaincre le tribunal que son client n'est pas criminellement responsable, puisqu'il souffre d'un trouble de stress post-traumatique à cause de sa jeunesse marquée par un viol et la guerre dans son Liban natal.
«J'ai lui ai fait de mauvaises choses», a dit le père au répartiteur du 9-1-1, un jour d'hiver, en 2013.
La police d'Ottawa reproche au père d'avoir menotté, brûlé, battu et enchaîné son fils de 11 ans au sous-sol de sa résidence, en guise de punition pour avoir «menti».
«L'homme qui a fait le 9-1-1 n'est pas le même qu'aujourd'hui, a soutenu l'accusé. Je ne savais pas ce que je faisais. C'est un brouillard, je n'étais pas en contact avec la réalité.»
À 11 ans, l'enfant pesait tout juste 23 kg (50 livres). La conjointe de l'homme est accusée d'avoir fermé les yeux sur cette affaire, se rendant complice de séquestration.