«Nous comprenons les interrogations (de la population) à la suite de notre intervention initiale, et nous nous posons les mêmes questions», a indiqué le chef Bordeleau.

Enfant martyr: la SPO réexamine son intervention

Le chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Charles Bordeleau, a commandé un examen complet dans le dossier de l'enfant martyr de Kanata afin d'aider la police à déterminer ce qu'elle peut apprendre des événements.
Des policiers avaient été en contact une première fois avec le garçon en 2011 après que ses parents l'eurent déclaré disparu. Il avait neuf ans et avait été trouvé chez un voisin. Les policiers qui étaient intervenus l'avaient retourné chez lui.
«Nous comprenons les interrogations (de la population) à la suite de notre intervention initiale, et nous nous posons les mêmes questions», a indiqué le chef Bordeleau lorsqu'il a annoncé la tenue du nouvel examen dans ce dossier, lundi, devant la Commission de services policiers d'Ottawa.
Un premier examen des événements avait été réalisé à la suite de la première intervention. 
La police a déterminé que l'enquête fut adéquate en vertu des faits et des informations à sa disposition à l'époque, a précisé Charles Bordeleau. 
«Toutefois, j'ai demandé une révision pour savoir ce que nous pouvons apprendre de ce dossier. Nos policiers sont professionnels et attentionnés. Nous sommes ici pour aider les victimes», a souligné le chef de police d'Ottawa.
L'examen commencera au début de 2017.
L'enfant, dont le père est un ex-policier affecté au contre-terrorisme de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), avait subi d'innombrables sévices et actes de tortures. 
Le père avait été arrêté à l'hiver 2013 après que le garçon se soit à nouveau enfui. 
L'homme a été reconnu coupable le mois dernier de voies de fait, d'agression sexuelle et de séquestration. Il devrait connaître sa peine en 2017. 
Sa conjointe, la belle-mère de la victime, a quant à elle été reconnue coupable d'agression armée, pour avoir donné des coups de cuillère de bois à l'enfant.
Nombre d'homicides
Le chef Bordeleau a aussi abordé devant le Comité le dossier des homicides à Ottawa, dont le double-meurtre de vendredi soir où deux soeurs ont été poignardées à mort. 
Leur frère a été accusé de meurtre prémédité et de meurtre non prémédité à la suite de ces 23e et 24e assassinats à survenir sur le territoire de la Ville d'Ottawa en 2016.
«C'est un dossier difficile, et nous en avons eu beaucoup trop comme celui-là cette année. La fréquence et la sévérité de ces actes de violence ciblés sont perturbantes pour nous tous. Nous constatons de plus en plus que des individus sont armés avec des pistolets ou des couteaux, et qu'ils sont prêts à les utiliser. Certains de ces meurtres sont liés aux gangs de rue, mais d'autres ont des liens avec la drogue, les troubles de santé mentale et les disputes familiales», a indiqué le chef Bordeleau, précisant que 16 des 24 meurtres commis à Ottawa cette année ont été résolus.
Accidents mortels
Par ailleurs, la police d'Ottawa a annoncé lundi la création d'un comité réunissant plusieurs intervenants, dont les ambulanciers et la Ville d'Ottawa, qui se partageront diverses informations afin de prévenir les collisions mortelles. 
Le comité se réunira dans les dix jours ouvrables suivant un accident mortel pour voir à ce que les renseignements et les recommandations pour éviter d'autres tragédies soient communiqués le plus tôt possible aux parties concernées. 
Les recommandations porteront notamment sur des campagnes de sensibilisation, des modifications d'ordre technique et des initiatives d'application des lois.