La juge à la retraite Nicole Gibeault, qui a siégé à la Cour du Québec pendant 22 ans, devient analyste judiciaire pour les stations de radio Cogeco.

Douze mois de prison pour avoir blessé quelqu'un avec son auto

Une femme de 26 ans qui a fait une innocente victime collatérale en s'en prenant à son ex-conjoint, au volant de sa voiture, a reçu une sentence de 12 mois de prison.
Jessica Cossette a pris le chemin de la prison pour un an, lundi. Alors qu'elle a pris le volant pour aller percuter la voiture de son ex-conjoint, à Gatineau en décembre 2009, elle a provoqué un accident dans lequel se trouvait un troisième automobiliste qui était «à la mauvaise place, au mauvais moment».
Claude (nom fictif) n'avait rien à voir avec la femme et sa cible initiale. Il circulait à proximité des deux voitures lorsqu'il a été entraîné dans l'embardée provoquée par Mme Cossette.
La conductrice aux facultés affaiblies a fui la scène de l'accident. Quelques heures plus tard, elle a menti aux policiers en portant le blâme sur une autre personne.
La vérité est toutefois venue d'amis de la femme, à qui elle s'était vantée, en riant, de ne pas s'être fait prendre.
Séquelles permanentes
Pendant ce temps, Claude, un militaire de plus de 30 ans d'expérience, était plongé dans un coma. Depuis qu'il s'est réveillé, il y a quatre ans, il a multiplié les visites à l'hôpital. Plus de 90 au total. Chirurgies et thérapies de toutes sortes font partie de sa vie. Des séquelles permanentes l'empêchent de pratiquer ses 15 heures de sport hebdomadaire d'autrefois.
Il a dû abandonner son objectif professionnel de s'envoler en mission militaire. «Il ne peut faire qu'un seul push-up», a retenu la juge Rosemarie Millar, de la Cour du Québec.
Claude souffre toujours d'étourdissements, et devra un jour être opéré pour qu'on lui remplace un genou par une prothèse artificielle. Il ne peut lever que partiellement un de ses bras. «Il était au mauvais endroit, au mauvais moment», a résumé la juge, dans sa décision.
La victime, de son côté, semble sur la voie de la rédemption. Acceptant son sort, elle dit aujourd'hui vivre avec des remords. Elle a présenté ses excuses à la victime. Le tribunal a retenu que la jeune femme vivait une relation marquée par la violence avec cet ex-conjoint. Elle semble avoir suivi une thérapie de gestion de la violence avec succès. Sa famille lui offre son aide, qu'elle accepte.
La nature préméditée de la conduite dangereuse de Mme Cossette a pesé lourd dans la balance, a souligné la juge. Le tribunal a ajouté une interdiction de conduire d'une durée de trois ans.