Priscilla Lee Bond et sa fille Gabrielle Lepage ont été tuées dans leur résidence familiale de Notre-Dame-du-Laus, dimanche.

Double meurtre: «Il n'y a rien de passionnel là-dedans»

Drame conjugal et famille meurtrie. Le double homicide commis dimanche à Notre-Dame-du-Laus, n'a rien de «passionnel» selon l'employeur d'une des victimes. Il ne s'agit, selon des proches, que d'une abomination, d'une violence qui a pris la vie d'une femme et d'une adolescente qui ne méritaient pas ce triste sort.
L'incompréhension afflige toujours les proches et les collègues de Priscilla Lee Bond, 33 ans, et de sa fille de 15 ans, Gabrielle Lepage, tuées dans leur résidence familiale de Notre-Dame-du-Laus, dimanche.
Le père de l'adolescente, et ex-conjoint de Mme Bond, David Alexandre Lepage, est accusé des deux meurtres prémédités par la Sûreté du Québec.
À la polyvalente de Gabrielle Lepage, on tente toujours de consoler les amis de la victime, partie trop jeune.
Elle faisait partie des «jeunes» que la directrice de la Polyvalente St-Joseph de Mont-Laurier, Nathalie Ducharme, connaissait le plus. Elle était directrice de l'école primaire de l'adolescente, lorsqu'elle était une enfant. «Une enfant assez tranquille. Ce n'est pas facile», dit-elle.
La direction, les enseignants et les élèves de la polyvalente porteront cette semaine l'épinglette du ruban blanc dédiée aux victimes de violence conjugale.
Une murale sera confectionnée et affichée à la Polyvalente St-Joseph. Les élèves pourront signer un mot d'amour à la disparue. 
L'école a mis en branle son protocole d'aide aux élèves éprouvés. Une quarantaine de jeunes de la polyvalente sont de Notre-Dame-du-Laus.
«On a un comité mis sur place, assure la directrice Ducharme. Une bonne équipe.»
Un moment de recueillement sera organisé, probablement lors d'une période de dîner, cette semaine, dans le hall d'entrée de l'école.
Souriante et engagée 
«Une femme très appréciée de ses collègues», dit Christine Cadieux, directrice du Ramada Plaza Gatineau, où travaillait Priscilla Lee Bond.
Le mère de famille travaillait au service aux chambres.
Mme Cadieux voyait une femme souriante et engagée lorsqu'elle croisait la femme de 33 ans à l'hôtel. «On entend que cette affaire est un crime passionnel. Pour moi, il n'y a rien de passionnel, là-dedans», a dit la directrice, toujours attristée, mardi. «C'est tragique. Et sa fille... C'est désolant.»
Mme Bond travaillait avec sa jeune soeur, au même endroit, depuis 18 mois. Les collègues n'auraient rien vu ou entendu d'inquiétant, ces derniers jours, avant le drame.
Son équipe était d'ailleurs sous le choc.
Lepage aurait tué sa propre fille dans la même série d'événements. Les enquêteurs de la SQ ont investi le 872, chemin Val-Ombreuse, à Notre-Dame-du-Laus, lundi. Dans la nuit précédente, le suspect s'est livré aux autorités, au poste de la SQ à Gatineau. Le dossier judiciaire a été transféré au palais de justice de Mont-Laurier.
Une autre connaissance du couple, qui a demandé l'anonymat, a parlé de Mme Bond comme d'une femme ayant toujours su se débrouiller dans la vie, après avoir eu sa fille à l'âge de 18 ans.