La pression était énorme chez les Votour-Trottier avant que les deux jeunes d’Aylmer soient abattus par balle, en janvier 2014.

Double homicide d'Aylmer: la chaleur était intense

La pression était énorme chez les Votour-Trottier avant que les deux jeunes d’Aylmer soient abattus par balle, en janvier 2014. Non seulement l’homme du couple avait reçu des menaces par téléphone, dans les semaines précédentes le double homicide, mais leur résidence du chemin de la Terrasse Eardley était aussi régulièrement épiée par deux hommes en noir.

Au banc des accusés, Ronald «Djoune» Brazeau, qui aurait commandité le crime, maintient son plaidoyer de non-culpabilité de l’homicide involontaire d’Amanda Trottier.

Le procès a débuté lundi au palais de justice de Gatineau, devant la juge Anouk Desaulniers, de la Cour du Québec.

La procureure de la Couronne, Me Isabelle Bouchard, a fait entendre une témoin importante dans cette affaire, soit la voisine immédiate du couple, Catlin Green.

Mme Green résidait «à dix pas» du 158, Terrasse Eardley, où le couple Trottier-Votour a été abattu par balle, entre le 5 et le 6 janvier 2014.

Elle connaissait Amanda depuis six ans. Le 5 janvier, elle a regardé un film chez sa voisine, puis est retournée chez elle vers 21 h. C’est entre ce moment de la soirée et le lendemain avant-midi que le crime s’est produit.

Menaces

Dans la semaine du 15 décembre 2013, soit trois semaines avant l’attentat, Mme Green a été témoin d’une première scène inquiétante chez les Votour-Trottier. Le téléphone a sonné, Travis a répondu à un homme qui lui faisait plusieurs menaces. «Des menaces de tabasser Travis», a témoigné Mme Green.

Pendant et après la conversation téléphonique de 15 minutes, Travis Votour était énervé, apeuré, éprouvait une certaine colère, et de la détresse, selon la voisine.

«Travis craignait qu’une mauvaise chose survienne.» La voisine a décrit l’attitude de M. Votour par «le regard dans son visage».

Après cette conversation agressive, Travis Votour a appelé le père de sa conjointe, Claude Trottier, qui s’est rendu chez eux.

Visites

Mme Green dit avoir vu, à six reprises dans le mois précédent le crime, deux hommes fort suspects épier la résidence du couple.

«C’étaient deux hommes qui regardaient par la porte-fenêtre (séparant la terrasse de la cuisine) en mettant leur main sur leurs tempes. Tous les deux portaient une tuque noire, un manteau noir, un jean et des bottes noires.»

L’un était mince et mesurait environ 6 pieds. L’autre, plus trapu, mesurait plus ou moins 5 pieds et 10 pouces.

La voisine dit qu’elle pouvait apercevoir les deux hommes depuis sa résidence. «Il y avait aussi deux autres personnes qui semblaient faire le guet, en avant. Ils roulaient dans une voiture ‘low rider’ (au profil abaissé) bleue, deux portes, sans enjoliveurs.»

Ces visites pouvaient durer jusqu’à dix minutes, toujours selon la voisine.

«J’en ai parlé à Travis et Amanda. Ils étaient craintifs. Ils avaient aussi observé cette situation.»

Rappel des faits

Le 12 juin dernier, Ronald Brazeau a plaidé coupable à un chef d’homicide involontaire de Travis Votour, un jeune trafiquant connu pour des vols d’argent et de stupéfiants auprès de trafiquants de la région.

Selon l’enquête des Crimes majeurs de la Sûreté du Québec, Ronald Jr Brazeau a commandité les homicides de Travis Votour, et de sa conjointe, Amanda Trottier.

Ronald Brazeau, qui faisait le trafic de cannabis, aurait voulu régler ses comptes avec M. Votour, après le vol de sa marchandise.

«June» Brazeau aurait ainsi retenu les services de deux exécutants, Sonia Vilon et son conjoint René Samson Von-Richter.

En plaidant coupable de l’homicide involontaire de Travis Votour, au printemps dernier, M. Brazeau a voulu rappeler qu’il n’en avait seulement conter Travis Votour «Amanda n’avait rien à voir avec ça», avait-il lancé, dans la salle d’audience.

En ce qui concerne Travis Votour, il soutient n’avoir que demandé aux exécutants de «donner une drette» à celui-ci, en guise de réprimande pour un vol de cannabis.

Sonia Vilon a reçu une sentence de douze ans de pénitencier après avoir plaidé coupable sur deux chefs d’homicide involontaire, le 20 juin dernier.

Celle-ci a entamé son témoignage, lundi, dans le dossier Brazeau.