C’est dans cet hôtel du secteur Hull que Christine MacNeil a été assassinée en 2015.

Dooley coupable de meurtre prémédité

Dans la seconde qui a suivi le prononcé de sa culpabilité pour meurtre prémédité, Blake Dooley a fermé les yeux, penché la tête vers l’avant, et laissé échapper une expression de dépit, en soulevant rapidement les sourcils.

« Coupable. » Le jury a délibéré moins de deux jours avant de rendre son verdict, jeudi.

Les onze jurés ont cru la version de la Couronne, au terme d’un procès d’un peu plus d’un mois.

La victime, Christine MacNeil, 25 ans, a été abattue de deux balles, le soir du 19 octobre 2015, dans une chambre d’hôtel du Four Points Sheraton, sur la rue Laurier, au centre-ville de Gatineau.

Selon les procureures au dossier, Me Jennifer Morin et Me Diane Legault, l’homme de 56 ans a piégé la victime, une escorte, en prenant un rendez-vous par texto, sous une fausse identité. Il a exécuté la jeune femme qu’il connaissait, présumément à la demande de l’ex-conjoint de cette dernière, Emilio Spezzano. M. Spezzano, un vieil ami de Dooley, doit subir son procès en 2019, pour ce même meurtre prémédité.

La mère de la victime, Shari MacNeil, avait le cœur « un peu plus » léger, à sa sortie de la salle d’audience. Elle a confié au Droit que ce verdict était « un premier pas » vers la justice, espérant un même sort pour son ancien gendre.

La juge Catherine Mandeville, de la Cour supérieure, a lu une lettre des deux parents endeuillés, à l’attention de l’accusé.

« Moi et Christine allons porter un ‘toast’ à la liberté et à la vérité », a-t-elle écrit.

Cette lettre, que la mère a qualifiée de chose la plus difficile à écrire de toute sa vie, contient des mots durs à l’endroit du meurtrier, qualifié de « toxique ».

Le père de la jeune femme, John, a aussi demandé à la juge de lire ses états d’âme.

« J’ai perdu 85 livres depuis le jour où Christine est morte. J’ai tellement perdu de poids et de masse musculaire que j’éprouve de la difficulté à marcher. Ma famille est mon cercle d’amis. J’ai un sentiment de représailles en moi. Pourquoi, Blake Dooley, as-tu tué une magnifique jeune femme qui arrivait à ses plus belles années ? Juste pour l’argent ? Ta sentence est justifiée. »

La sentence de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans est automatique dans un cas de meurtre au premier degré. Emilio Spezzano a réussi à faire avorter son procès, pourtant entamé aux côtés de Blake Dooley, il y a quelques semaines.

La juge a ordonné la tenue de son nouveau procès en 2019. Ce dernier, toujours accusé de meurtre avec préméditation, demeure détenu de façon préventive.