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Johnny Normand, 20 ans, a reçu un coup de couteau fatal au sternum lors de l’échauffourée dans un appartement de la rue Saint-Paul, le 15 novembre 2018.
Johnny Normand, 20 ans, a reçu un coup de couteau fatal au sternum lors de l’échauffourée dans un appartement de la rue Saint-Paul, le 15 novembre 2018.

Dix ans pour un «quasi-meurtre, quasi-accident»

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
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Le Gatinois David Émond écope de 10 ans de pénitencier pour avoir causé la mort du nouveau conjoint de son ex en 2018. Le drame a été qualifié de «quasi-meurtre, quasi-accident» par le tribunal.

Johnny Normand, 20 ans, a reçu un coup de couteau fatal au sternum lors de l’échauffourée dans un appartement de la rue Saint-Paul, le 15 novembre 2018. David Émond a rapidement été arrêté et accusé de meurtre sans préméditation. Il a plaidé coupable sur un chef réduit d’homicide involontaire il y a un peu plus de deux semaines.

Vendredi, la juge Catherine Mandeville a accepté la sentence de 10 ans de pénitencier proposée par la Couronne et la défense.

Scène

La procureure de la Couronne, Me Stéphany Robitaille, a résumé les faits. L’altercation entre les deux jeunes hommes a rapidement dérapé en empoignade, et en homicide.

Le Gatinois David Émond

«Veux-tu manger une volée», a lancé Johnny Normand à son rival.

«Toi, veux-tu te faire poignarder?», a répliqué David Émond, qui tenait un couteau de cuisine.

Selon l’avocate de la défense, Me Élise Pinsonneault, la seule blessure – mortelle – a été causée par un «effet sandwich» lorsque les deux belligérants sont tombés l’un sur l’autre.

Le suspect de 21 ans a pris la fuite avant de se rendre aux policiers. Le tribunal a conclu que l’accusé n’avait pas l’intention de tuer, bien que son comportement était dangereux.

«Cela s’est déroulé dans un contexte conjugal, a dit la juge. M. Émond n’acceptait pas la rupture et s’est attaqué au nouveau petit ami de madame. La victime avait pour seule faute de la fréquenter.»

La mère de la victime, Chantal Normand, a écrit son désarroi au tribunal. «La seule chose qui me reste de mon grand garçon, ce sont les cendres de mon Johnny. Je ne peux plus le prendre dans mes bras, lui faire des caresses. La pire chose qui peut arriver dans la vie d’une mère, c’est perdre son enfant.»

La victime, Johnny Normand

«Terriblement honteux»

L’accusé a fait savoir à son avocate qu’il était incapable de s’adresser de vive voix au tribunal, «mon client est terriblement honteux et paralysé, a dit Me Pinsonneault. Il n’est pas capable de parler. Ce n’est pas un manque de regret. Il voudrait s’adresser à la famille, mais il a peur de craquer.»

La Couronne a accepté que l’accusé transmette une lettre, si la famille de la victime le lui permettait.

La juge a commenté une photo la victime, «ce jeune homme aux yeux très doux», et insisté sur le fait que ce dossier ne reste pas anonyme.

David Émond doit purger encore six ans et cinq mois de prison, étant donné le temps calculé de détention préventive.

Le chef d’homicide involontaire n’est lié à aucune peine minimale, contrairement au chef de meurtre sans préméditation. La jurisprudence en semblable matière est de huit à douze ans.

S’il était coupable du chef de meurtre au second degré, David Émond aurait reçu une peine d’emprisonnement à perpétuité. Son éligibilité à une libération conditionnelle aurait fait l’objet d’un autre débat judiciaire. Le minimum aurait été d’au moins 10 ans, et le maximum, 25 ans.