Un ex-chauffeur de la STO se défend d’avoir asséné un coup de poing à un passager, en 2017.

Deux versions pour un coup de poing

Agression gratuite ou légitime défense ? Un ex-chauffeur de la Société de transport de l’Outaouais (STO) se défend devant la chambre criminelle de la Cour du Québec d’avoir asséné un coup de poing sans raison valable à un passager, en novembre 2017.

Le procès de l’ex-chauffeur Alain Blanc s’est déroulé lundi, au palais de justice de Gatineau.

Le passager Luc Langlois dit avoir été agrippé par le chauffeur enragé, qui lui a asséné un coup de poing au visage en lui disant « mon tabarn...! »

Selon l’accusé, toutefois, le coup de poing s’est avéré nécessaire lorsque le passager frustré l’a pris par le collet, et que les deux se sont retrouvés au sol. Pour se défaire de cette fâcheuse position, le chauffeur aurait alors asséné le coup de poing.

Le passager a saigné du nez et a eu une lacération sanglante entre les deux sourcils. Il a dû s’absenter du travail pendant deux mois pour une commotion cérébrale.

Le 16 novembre 2017, Alain Blanc a arrêté l’autobus articulé à la hauteur du Casino du Lac-Leamy, sur le trajet 200 du Rapibus, en fin de journée.

Un passager a sonné pour demander un arrêt, mais la porte arrière ne s’est pas ouverte. Il est quand même reparti.

« Je suis reparti et j’ai entendu un gros ‘Wô !’ assez agressif », a témoigné l’accusé, qui s’est arrêté de nouveau.

Selon le passager Langlois, le chauffeur a crié de ne pas s’adresser à lui « comme un chien ».

L’autobus est ensuite tombé en panne, quelques mètres plus loin.

Deux passagers se seraient mis à insulter le chauffeur.

M. Langlois maintient qu’il ne fait pas partie de ces deux passagers impolis.

Les passagers ont été sommés de sortir, en attendant un autobus de relève. M. Langlois a voulu rentrer à nouveau pour récupérer son parapluie.

« Je suis entré sans adresser la parole au chauffeur, et il m’a pris en me tournant, et en me disant mon ‘tabarn...!’ Il s’est donné un élan et m’a donné un coup de poing. » Le passager dit avoir été ensuite roué de coups, alors qu’il était penché vers l’avant.

Selon le chauffeur, c’est plutôt M. Langlois qui l’a empoigné par le collet, le faisant sortir de son siège de chauffeur en déclenchant une empoignade. Selon ce chauffeur, les deux se seraient retrouvés au sol.

« J’ai donné un coup de poing pour me défendre, car je me sentais pris. »

Le juge Richard Laflamme, de la Cour du Québec, a pris l’affaire en délibéré. « On est presque dans deux histoires complètement différentes », a-t-il dit, avant d’ajourner.

Parallèlement à cette affaire, M. Langlois a déposé, au printemps dernier, une poursuite de 142 000 $ contre le chauffeur. Selon les documents du greffe civil, le dossier a été remis sine die, soit à une date ultérieure qui reste à déterminer.