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Selon les chiffres de l’Ontario Association of Interval and Transition Houses, 30 féminicides ont eu lieu en province du 1er janvier au 30 juin 2021.
Selon les chiffres de l’Ontario Association of Interval and Transition Houses, 30 féminicides ont eu lieu en province du 1er janvier au 30 juin 2021.

Deux fois plus de féminicides en Ontario qu’au Québec en 2021

Jean-François Dugas
Jean-François Dugas
Le Droit
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Un 14e féminicide vient tout juste de se produire cette année au Québec. En Ontario, deux fois plus de femmes ont été tuées en raison de leur genre pendant la même période.

Selon les chiffres de l’Ontario Association of Interval and Transition Houses (OAITH), 30 féminicides ont eu lieu en province du 1er janvier au 30 juin 2021.

L’organisation qui aide les femmes à «vivre une vie libre de violence» dresse un bilan de ces drames depuis bientôt six ans. Et nul doute que la tendance est à la hausse. Le nombre de féminicides a plus que doublé depuis un an à pareille date.

«Lorsque nous comparons les six premiers mois de l’année en Ontario avec ceux de l’année dernière, c’est énorme. Il y a eu 13 femmes qui avaient été tuées en 2020 et là nous sommes à 30. Il y a eu une très grosse augmentation qui se confirme au national», déplore Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, une organisation soeur de l’OAITH en province.

Toutefois, ces chiffres dressent un portrait incomplet de la situation véritable.

«Ce qu’il faut savoir de ces chiffres, c’est que c’est un peu difficile de faire le bilan du nombre de femmes qui ont été tuées, car les organismes comptent beaucoup sur la couverture des médias. D’autres femmes ont été tuées, mais n’ont pas été comptabilisées parce qu’elles n’ont pas été traitées comme un féminicide […] C’est certain que ce n’est que la pointe de l’iceberg», ajoute Mme Martin.


« Déjà, l’année dernière, nous étions déjà en augmentation par rapport à 2019. Et maintenant, on voit encore une grosse augmentation en 2021, relate-t-elle. C’est certain que la pandémie a joué un rôle. »
Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes

Effet néfaste de la pandémie

La pandémie a également contribué à cette croissance fulgurante de féminicides, signale Mme Martin.

«Déjà, l’année dernière, nous étions déjà en augmentation par rapport à 2019. Et maintenant, on voit encore une grosse augmentation en 2021, relate-t-elle. C’est certain que la pandémie a joué un rôle. C’est encore un peu difficile de trouver des chiffres exacts ou des données qui reflètent la réalité. Toutefois, c’est certain que la pandémie a augmenté les risques de violence conjugale et de violence familiale parce que les femmes et les jeunes filles étaient enfermées à la maison avec la personne violente 24 heures sur 24.»

L’éclatement de couples pendant les périodes de confinement pourrait s’avérer un autre élément déclencheur de colère chez les agresseurs.

« Nous savons que les femmes sont plus à risque d’être tuées par un partenaire ou par un membre de leur famille quand il y a une séparation et que la femme ou la fille veut quitter le domicile familial ou conjugal.»

La quête d’aide a été rendue encore plus compliquée en raison des forts taux d’occupation dans les maisons d’hébergement ainsi que par la crainte d’attraper la COVID-19 en quittant leur domicile, ajoute-t-elle.

«La pandémie n’a pas déclenché la violence. C’est comme l’alcool qui n’est pas un déclencheur de violence. La personne en soi est violente, mais il doit y avoir des facteurs aggravants ou déclenchants», résume Mme Martin.

Un féminicide a eu lieu dans la grande région d’Ottawa cette année. Hamid Ayoub, 54 ans, aurait tué sa femme Hanadi Mohammed, 50 ans, et blessé sa fille adulte le 15 juin. Il a été arrêté le lendemain.