Palais de justice de Gatineau

Deux ans moins un jour pour l'«ami de la famille»

«Un ami de la famille» s'est reconnu coupable de contact sexuel et d'incitation à des contacts sexuels sur une fillette de 6 ans, en pratiquant, entre autres, un cunnilingus sur sa victime.
L'homme de 63 ans a pris la direction de la prison de Percé, en Gaspésie, spécialisée dans la détention de pédophiles. Mercredi, la juge Anouk Desnaulniers a condamné l'individu à y purger une peine de deux ans moins un jour, assortie d'une période de probation de deux ans et d'une série de conditions, dont celle de ne plus se trouver dans des endroits fréquentés par des mineurs.
Les faits se sont produits en Outaouais, en 2014. La mère de la victime a lu avec émotion une lettre écrite à l'attention de l'accusé, qu'on ne peut nommer en vertu d'une ordonnance de non-publication visant à protéger l'identité de l'enfant.
« Jamais, je n'aurais pensé que notre relation nous amène ici, a dit la mère éplorée. Une relation extraordinaire. Une figure fixe dans ma maison, ma famille, mes enfants. Je t'avais adopté comme mon deuxième père. »
La mère lui a confié « ses deux êtres les plus précieux » en son absence, se croyant certaine de la sécurité de ses enfants avec le gardien.
« Jamais n'aurais-je pensé que ton amitié était tout un jeu pour satisfaire, en bout de ligne, une obsession sexuelle répugnante. Tu nous as stratégiquement placés comme des pions sur une table de jeu, dans le but ultime de faire un échec et mat. »
Les agressions sexuelles se sont produites dans la maison de la famille de la jeune victime.
Dans son plaidoyer de culpabilité, l'homme a reconnu avoir touché la fillette, et lui avoir demandé de le masturber. Au retour de la mère, l'homme faisait comme si rien ne s'était passé.
« Tu as demandé à ma fille de me mentir. (Tu disais :) 'Ne parle pas de ce jeu à maman, elle ne voudra plus que je revienne.' »
La victime a refusé de garder le silence et s'est confiée à sa mère.
« Tout le monde sait quel genre de monstre que tu es », a lancé la femme, à la barre des témoins. « Comment va se passer l'adolescence ? Les premiers contacts avec les garçons ? » a demandé l'ex-amie à l'accusé.
L'avocate de la défense, Me Marie-Josée Lafleur, a précisé que son client voulait être traité, et qu'il éprouvait des remords. Le centre de détention de Percé est d'ailleurs réservé aux détenus qui démontrent une volonté de changer. Selon Me Lafleur, l'accusé éprouve plusieurs autres « problèmes sous-jacents ».
« Je suis vraiment désolé pour ce que j'ai fait, a déclaré l'homme. J'ai blessé, causé des douleurs et des problèmes de stress. J'aimerais reculer dans le temps, mais ce n'est pas possible. »