Les agressions se sont déroulées dans le Pontiac, entre 2012 et 2017.

Deux ans de prison pour un beau-père

Même s’il représentait la figure du père véritable d’une jeune fille, un ex-beau-père ne s’est pas empêché de l’agresser sexuellement pendant cinq ans. La victime, abusée alors qu’elle était âgée de 5 à 10 ans, a brisé le silence pour «protéger ses frères et sœurs», a relaté le juge de la Cour du Québec qui a entendu l’affaire, au palais de justice de Gatineau.

Le magistrat, Gaston Paul Langevin, a rendu une sentence de deux ans moins un jour à purger à l’établissement carcéral de Percé, qui se spécialise dans la détention d’auteurs de crimes sexuels.

L’homme, qu’on ne peut identifier afin de respecter une ordonnance de non-publication visant à protéger celle de l’enfant, a connu son sort, cette semaine.

La Couronne et la défense ont proposé cette peine à imposer de façon conjointe, ce que le juge a entériné, devant la famille éplorée.

L’homme en question a eu d’autres enfants avec la mère de cette fille.

Bien que la victime ait témoigné à huis clos, le juge a publiquement relaté certains de ses propos, afin de décrire les circonstances troublantes de son histoire. «(L’enfant) a dénoncé pour protéger ses frères et sœurs», a raconté le magistrat.

Ces enfants n’auraient pas été abusés.

Anorexique

«Les agressions sexuelles sur un jeune enfant causent des traumatismes, de la souffrance et de la détresse toute leur vie, a rappelé le juge. J’ai entendu la mère de la victime parler des impacts chez sa fille. Dépression majeure, automutilation, perte de l’estime de soi, anorexie, recherche d’identité sexuelle, incapacité d’aller à l’école, désespoir perceptible dans les yeux de son enfant... C’est ce que ça fait.»

Les agressions se sont déroulées dans le Pontiac, entre 2012 et 2017.

En position d’autorité, l’homme de 44 ans a fait des attouchements, jusqu’à se rendre à la pénétration digitale.

Selon le rapport présentenciel, l’homme semble «imperméable» aux thérapies entreprises au Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF).

Avant de prendre le chemin de la prison, le quadragénaire pédophile a brièvement pris la parole, présentant ses excuses et ses remords. Pendant le procès, il a dit avoir lui-même multiplié les foyers d’accueil dans sa jeunesse, à cause d’une mère instable et d’un père absent. «Mais cela n’excuse pas ce qui s’est produit», a tranché le juge Langevin.

Le beau-père abuseur verra son nom inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans. Il devra respecter une probation de trois ans à sa sortie de prison. Il ne pourra pas voir ses enfants, sauf en la présence d’un représentant des services sociaux.