La détresse chez les personnes âgées est de plus en plus ressentie auprès des intervenants sociaux de la région et le nombre de suicides augmente.

Deux aînés concluent un pacte de suicide à Saguenay

Deux octogénaires en couple depuis 65 ans ont tenté de mettre un terme à leurs jours à la suite d’un pacte de suicide. Les deux personnes âgées de Chicoutimi auraient absorbé une quantité importante de médicaments pour mener leur intention à terme. Elles n’ont pas réussi, mais ont toutes deux été transportées au centre hospitalier.

Selon les informations, l’événement s’est produit le vendredi 4 janvier dans une résidence pour personnes âgées de Chicoutimi.

Les policiers et les ambulanciers ont été appelés rapidement sur les lieux, à la suite d’un appel des responsables du foyer. Ceux-ci auraient retrouvé l’homme de 85 ans et la dame de 81 ans dans un piteux état, au point où l’on a craint pour la vie de cette dernière.

La femme se trouvait dans le coma ; l’homme dans une situation précaire. Les deux personnes seraient aujourd’hui hors de danger.

« Nous avons effectivement eu un déplacement policier à Chicoutimi. Deux personnes âgées ont été trouvées dans un mauvais état et ont été transportées à l’hôpital afin d’y être soignées. Une enquête est toujours en cours par nos services afin de comprendre ce qui a pu se produire, pour connaître les circonstances », a expliqué Bruno Cormier, porte-parole du Service de police de Saguenay (SPS).

« Nos enquêteurs tenteront de rencontrer l’homme dans les plus brefs délais afin d’en apprendre davantage sur cette histoire », ajoute M. Cormier.

Selon les informations du Quotidien, la dame de 81 ans souffre de la maladie d’Alzheimer depuis quelques années. Malgré l’état avancé de la maladie, elle aurait des périodes de lucidité et aurait profité de l’un de ces instants pour demander à son conjoint de l’aider à mettre fin à ses jours.

Bruno Cormier, porte-parole du Service de police de Saguenay (SPS), confirme qu’une intervention policière et ambulancière est survenue dans une résidence pour personnes âgées de Chicoutimi, où deux occupants se trouvaient dans un état de santé précaire.

Les deux membres du couple auraient convenu d’un pacte de suicide et auraient décidé de passer à l’acte quelques jours après le début de l’année 2019.

Si les deux aînés ont été retrouvés par les employés de la résidence, c’est que l’homme a repris connaissance quelques instants et a pu appuyer sur un bouton d’alarme.

Par la suite, l’octogénaire serait passé aux aveux sur le pacte de suicide.

Accusations

Pour le moment, l’octogénaire a obtenu son congé de l’hôpital et a été remis en liberté, à la condition qu’il respecte certaines conditions.

Me Michael Bourget, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a mentionné que l’enquête se poursuit du côté policier et qu’il est encore trop tôt pour décider si des accusations seront portées ou non.

L’individu s’expose à des accusations selon l’article 241 du Code criminel canadien, soit le fait de conseiller le suicide ou d’y aider.

On y précise que peut être coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de 14 ans quiconque, selon le cas : a) conseille à une personne de se donner la mort ou b) aide ou encourage quelqu’un à se donner la mort, que le suicide s’ensuive ou non.

En défense, Me Charles Cantin a été appelé à intervenir afin d’obtenir des conditions pour la remise en liberté de l’homme de 85 ans.

« Une affaire comme ça, c’est tellement triste. Ce dossier représente la quintessence de la compassion après 65 ans de vie commune. L’homme supporte ad nauseam sa dame. J’ai eu une présence tout autant morale que judiciaire dans cette affaire », de noter Me Cantin.