La mentore Dominique Von Getz et sa stagiaire Emma Freeman-Harkin
La mentore Dominique Von Getz et sa stagiaire Emma Freeman-Harkin

Deux accouchements par téléphone en deux jours pour une stagiaire des paramédics d’Ottawa

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Seulement deux semaines après son entrée en fonction en tant que stagiaire au Service paramédic d’Ottawa, Emma Freeman-Harkin a connu l’une des fins de semaine de travail les plus formatrices de sa carrière.

En l’espace de 48 heures, la préposée aux appels a dû assister non pas une, mais bien deux femmes par téléphone alors que ces dernières étaient en train d’accoucher.

« C’est extrêmement rare que cela se produise et là, d’en avoir deux en autant de jours, c’était irréel », confie sa mentore Dominique Von Getz.

En effet, selon elle, environ trois ou quatre accouchements par téléphone se produisent annuellement chez les paramédics d’Ottawa.

« Ce n’est vraiment pas beaucoup. On reçoit plusieurs appels concernant des femmes en travail, mais la plupart du temps, les paramédics ont le temps de se rendre sur place avant que le bébé ne voie la lumière du jour. »

« En fin de semaine, ils avaient hâte de naître », ajoute Dominique en riant.

Le premier appel a été logé au 9-1-1 à 17 h 04 vendredi soir. Une femme avait des contractions à répétition et présentait des signes imminents d’accouchement.

« On a aidé le père en lui donnant des instructions par téléphone, tout en accompagnant la mère pendant les contractions et quelques minutes plus tard, on a entendu le bébé crier », raconte Emma.


« La plupart des appels qu’on reçoit sont généralement stressants, mais ça demeure une bonne source de stress, poursuit-elle. C’est certain que j’étais un peu nerveuse, mais ma mentore m’a bien accompagné là-dedans et on est bien formées. On a suivi notre protocole et tout s’est bien déroulé. »
Emma Freeman-Harkin

« Le plus gros défi, explique Dominique, c’est que tout se fait de façon auditive. On n’a aucune idée de ce à quoi la situation et l’environnement dans lequel se trouvent les parents ressemblent. On ne sait pas où la mère est étendue, on ne sait pas si les parents suivent correctement nos instructions, car on n’est pas là pour voir ce qui se passe. Notre job, c’est vraiment de s’assurer que les deux parents soient concentrés et qu’ils comprennent nos instructions. »

Une petite fille est ainsi née « en pleine santé » à 17 h 11, et ce, avant même l’arrivée des intervenants médicaux.

« Moi et Dominique nous sommes regardées et on s’est échangé un énorme sourire. C’était tout un feeling », avoue la stagiaire qui en était à son premier accouchement par téléphone.

« C’était une première pour moi. La plupart des appels qu’on reçoit sont généralement stressants, mais ça demeure une bonne source de stress, poursuit-elle. C’est certain que j’étais un peu nerveuse, mais ma mentore m’a bien accompagné là-dedans et on est bien formées. On a suivi notre protocole et tout s’est bien déroulé. »

« On n’a jamais été aussi contentes d’entendre un enfant crier, ajoute de son côté Dominique. C’était un soulagement instantané. »

Une fois le bébé mis au monde, Emma a pris soin d’informer les parents de garder la petite fille au chaud, de la placer sur la poitrine de la mère et de pincer le cordon ombilical jusqu’à ce que les premiers paramédics arrivent et coupent eux-mêmes le cordon.

Puis, le lendemain, un autre appel de la sorte a été reçu au 9-1-1 à 11 h 48.

« Dominique m’a regardée et m’a dit : “C’est quoi les chances ?”, lance Emma. Chaque appel est différent, mais on suit un peu la même routine chaque fois donc je me sentais un peu plus en confiance. »

Tout comme la veille, l’accouchement s’est bien déroulé et une autre petite fille est née samedi midi.

En signe de reconnaissance, les deux préposées aux appels des paramédics d’Ottawa se sont fait remettre des épinglettes en forme de cigogne pour commémorer ces accouchements.