Le fils de Scott Thomas (photo), Evan, est décédé lors du tragique accident d'autobus de Humboldt.

Des parents racontent le désarroi vécu par la méprise entre deux victimes de Humboldt

Les parents d’un des deux joueurs des Broncos de Humboldt qui avaient été mal identifiés à la suite du terrible accident d’autobus ont raconté au tribunal comment ils avaient appris que leur fils n’était finalement pas mort alors qu’ils participaient à une veillée en hommage aux victimes décédées.

Paul et Tanya LaBelle, de Saskatoon, ont révélé, lors de l’audience sur la détermination de la peine du camionneur responsable de l’accident, les circonstances de l’appel qu’ils ont reçu au sujet de cette incroyable nouvelle.

Le couple, qui se trouvait avec les autres familles des victimes, a discrètement informé quelques proches avant de se rendre à l’hôpital de Saskatoon où leur fils, Xavier, était hospitalisé sous la mauvaise identité de Parker Tobin, un autre joueur de l’équipe.

Tanya LaBelle a déclaré que son conjoint et elle étaient dévastés pour la famille Tobin.

«Nous avons pleuré avec eux», a-t-elle confié mercredi, alors que les dernières déclarations de victimes étaient soumises au tribunal improvisé dans un gymnase de Melfort, en Saskatchewan.

Jaskirat Singh Sidhu, un homme de 30 ans de Calgary, a plaidé coupable à 29 chefs de conduite dangereuse pour avoir causé l’accident qui a fait 16 morts et 13 blessés.

Il a été dévoilé en cour que le camionneur avait négligé de respecter un panneau d’arrêt obligatoire à l’intersection de l’autoroute 35 et de la route 335, ne donnant ainsi aucune chance au chauffeur d’autobus d’éviter l’impact.

La mère de Dayna Brons, la thérapeute sportive des Broncos décédée dans la tragédie, a déclaré être tourmentée par des réflexions sur les derniers moments de sa fille.

«Est-ce que Dayna a vu le camion? Est-ce qu’elle a crié de peur et de douleur?», s’est demandé à voix haute Carol Brons.

Mme Brons a partagé le rêve qu’elle chérissait de marcher avec sa fille dans l’allée centrale le jour de son mariage.

«Nous avons accompagné Dayna dans l’allée... mais nous n’escortions pas une mariée. Nous escortions un cercueil», a-t-elle crié à travers ses larmes.

La mère éplorée a précisé que le cercueil était demeuré fermé parce que sa fille de 24 ans ne ressemblait en rien à la belle jeune femme aux yeux bruns qu’elle était.

Son père, Lyle Brons, a décrit Dayna comme une fille travaillante qui aimait s’amuser et qui répandait de l’amour, de la bienveillance et du bonheur autour d’elle.

Il a reconnu que le plaidoyer de culpabilité et les remords démontrés par M. Sidhu avaient quelque peu facilité les choses.

«Je ne sais pas encore si j’ai complètement pardonné M. Sidhu, mais je sais que j’y arriverai éventuellement, a-t-il dit. Je prie pour que toutes les personnes touchées par cette tragédie, y compris M. Sidhu, trouvent une forme de paix et de bonheur dans leur vie.»

Plusieurs familles ont évoqué que la plus grande question qui les habite est de savoir pourquoi Jaskirat Singh Sidhu n’a pas fait son arrêt obligatoire.

Elles souhaitent aussi entendre le camionneur s’exprimer.

«Tout ce qu’il avait à faire, c’est d’arrêter, a mentionné Scott Thomas, qui a perdu son fils Evan dans l’accident. Je veux savoir pourquoi. Ce serait un énorme pas pour m’aider à pardonner si je pouvais comprendre pourquoi.»

Selon l’exposé conjoint des faits, le camionneur n’avait pas les facultés affaiblies, n’était pas distrait et les conditions routières et météorologiques étaient favorables au moment du drame.

À la suite de l’accident, on a découvert que M. Sidhu avait commis 70 infractions aux règles fédérales et provinciales en matière de transport routier et d’inspection. S’il avait été arrêté pour une vérification, il lui aurait été interdit de conduire pour une période de 72 heures.

On s’attend à ce que le prévenu puisse s’exprimer devant le tribunal. Il n’a pas encore parlé publiquement de l’accident, bien que son avocat ait déclaré que M. Sidhu assume la responsabilité de ce qui s’est passé. On l’a vu essuyer ses larmes lors de l’audience.