L'Uruguay a adopté en décembre 2013 une loi polémique autorisant trois modes d'accès au cannabis: culture à domicile pour la consommation personnelle, appartenance à un club cannabique pour planter de manière coopérative et achat de marijuana produite par des entreprises privées.

Des fleurs? Non, le pot

L'erreur est humaine, mais certaines erreurs coûtent plus cher que d'autres. Parfois, elle vaut deux ans de prison.
La sentence a été rendue lundi, au palais de justice de Gatineau, dans le dossier d'un citoyen de Cantley qui a joué de malchance, il y a près de deux ans. En novembre 2015, sa conjointe, qui cherchait le numéro de téléphone d'un fleuriste en composant le 4-1-1, a plutôt composé le 9-1-1.
Les services d'urgence ne prennent jamais de chance dans de tels cas. Même si la personne à l'autre bout du fil affirme qu'il s'agit d'un mauvais numéro, des agents se présentent quand même à l'adresse liée à l'appelant. Se présentant chez l'accusé, Walter Willcott, les policiers de la MRC des Collines ont senti qu'une chose ne tournait pas rond.
Devant une porte fermée à clé, ils ont demandé à la faire ouvrir. Le couple s'est montré plutôt réticent, indiquant qu'ils n'avaient pas la clé. «Du coup, avait alors indiqué le porte-parole de la police, Martin Fournel, ils ont brisé le silence en nous demandant si nous avions un mandat.»
Les autorités ont saisi du cannabis, et accusé M. Willcott de production de cannabis.
Lundi, le juge Richard Laflamme, de la Cour du Québec, a entériné la proposition commune de la défense et de la Couronne, en imposant une peine de détention de deux ans moins un jour.
En liberté provisoire, il a embrassé sa conjointe devant le tribunal, et a pris le chemin de sa cellule, les larmes aux yeux. «Le cannabis est encore illégal», a rappelé le juge Laflamme, alors que le gouvernement fédéral d'apprête à le légaliser, dans un peu plus d'un an.