La police de Gatineau érigera des barrages routiers « éclairs » sur son territoire, comme le montre ici l’agente Renée-Anne St-Amant.

Des barrages routiers plus petits et plus fréquents à Gatineau

La police de Gatineau veut déjouer les médias sociaux et les automobilistes éméchés en érigeant des barrages routiers « éclairs » plus difficiles à reconnaître... et à contourner.

Cette nouvelle stratégie en matière d’alcool et de drogue au volant a été dévoilée vendredi, alors que les soirées bien arrosées se multiplient, à un mois de Noël et du jour de l’An.

Cette idée du Service de police de la Ville de Gatineau consiste essentiellement à s’arrêter aléatoirement sur une artère, à mettre en place une seule affiche et à allumer les gyrophares d’une voiture de patrouille. Quelques minutes suffisent pour ériger un tel barrage éclair.

La technique classique, de plus grande envergure, consiste à s’installer pendant quelques heures et à vérifier l’état des automobilistes qui croisent le barrage.

« Avec la méthode traditionnelle, soit de faire un gros barrage médiatisé et facilement visible, on se rend compte qu’avec les médias sociaux, les informations se transmettent rapidement. Les gens le savent et tentent de l’éviter », constate le lieutenant Jean-François Grégoire, de la police de Gatineau.

La « vieille » méthode est devenue de moins en moins efficace ces dernières années, estime le lieutenant Grégoire.

Le nouveau type de barrage sera maintenu pendant moins d’une heure, ce qui permettra d’en ériger quatre ou cinq au lieu d’un seul, dans la même soirée.

En menant plusieurs opérations plus courtes, les agents espèrent cibler plusieurs endroits en peu de temps, et éviter que leur présence soit signalée sur une trop longue période de temps sur les médias sociaux.

Le lieutenant Grégoire concède qu’il est facile pour une personne éméchée de reconnaître une intersection photographiée par un internaute, et contourner les points de contrôle sur la route.

Plus répressif

Depuis le 18 décembre 2018, les corps policiers du pays ont la tâche plus facile pour lutter contre la conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool.

De nouvelles dispositions du Code criminel permettent aux agents de faire souffler quiconque dans l’éthylomètre sans avoir de soupçons raisonnables que la personne soit intoxiquée par l’alcool.

« C’est une mesure extrêmement répressive, dit le lieutenant Grégoire. Mais nous, on veut l’utiliser pour envoyer un message clair qu’on a les moyens d’être plus visibles et proactifs, et que le risque de se faire prendre est plus élevé. »