Il faudra s’attendre à davantage de barrages policiers contre la drogue au volant, dès mercredi.

Des barrages policiers à prévoir

Il faudra s’attendre à davantage de barrages policiers contre la drogue au volant, dès mercredi, date d’entrée en vigueur de la loi légalisant le cannabis.

« Présentement, les gens ont le droit de consommer sur le trottoir », a lancé l’inspecteur à la gendarmerie du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Serge Guindon.

Il confirme toutefois que ses agents « seront plus visibles dans les prochains jours » pour lutter contre la conduite avec les capacités affaiblies par la drogue ou l’alcool.

Le SPVG a fait le point sur la légalisation du cannabis et ses conséquences sur le territoire de la ville, mardi. « On va mettre l’accent sur les barrages », confirme l’inspecteur Guindon.

La réglementation sur la consommation du cannabis peut évidemment varier selon les sites privés, les établissements scolaires, ou les accès aux institutions publiques.

L’agent Jean-François Grégoire compte parmi les six policiers gatinois formés à l’évaluation des conducteurs sous influence de drogue, comme le cannabis. Trois autres policiers évaluateurs s’ajouteront prochainement à l’escouade.

« L’ensemble des patrouilleurs est formé pour reconnaître les signes de base, dit-il. Les agents évaluateurs mèneront des tests de coordination de mouvement, de balayage horizontal des yeux, de marche, et d’équilibre sur une jambe. Notre travail permet de passer des soupçons d’un patrouilleur à des accusations formelles, après évaluation au poste de police. Nous vérifierons la température corporelle, la dilatation de la pupille, l’urine et le pouls. Les tribunaux ont reconnu nos méthodes de travail. »

En moyenne, depuis 2009, le SPVG a arrêté 37 personnes annuellement pour conduite avec les capacités affaiblies par la drogue.

La légalisation du cannabis ne représente pas une diminution du travail des policiers, selon l’inspecteur Guindon. Le temps que sauveront les policiers à ne pas arrêter une personne au criminel pour un joint « va permettre aux policiers d’être plus présents dans nos parcs ou les endroits à risque, comme les écoles. »

... et les policiers

L’inspecteur Guindon a rappelé que les policiers pourront fumer du cannabis, pas sur leur temps de travail, et pourvu qu’ils soient aptes à travailler. « C’est légal. »

Ils ne pourront évidemment pas être sous son effet, une fois rendu au travail, comme c’est le cas pour l’alcool.

La consommation sur les lieux de travail des employés de la Ville est interdite.

« Il n’y aura pas de test urine, pas de test sanguin (imposés aux policiers). Les gens doivent se présenter aptes au travail. Les policiers vont s’autocritiquer eux-mêmes. C’est une grande équipe. Je ne pense pas qu’ils vont se permettre, entre eux, qu’un collègue travaille soit sous l’influence », a commenté l’inspecteur Guidon.

Trois policiers du SPVG seront dédiés au programme ACCES CANNABIS pour lutter contre la contrebande et la production illégale de la plante verte. Il s’agit d’une lutte semblable au tabac de contrebande.

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Amendes liées au cannabis : Ottawa en attente de la législation provinciale

La Ville d’Ottawa fait face à un flou juridique quant à la réglementation qui sera mise en place lorsqu’un individu fumera de la marijuana dans un endroit interdit. 

Quelques heures avant la légalisation du cannabis à des fins récréatives, les représentants de la Ville affirment qu’ils sont toujours en attente de la législation provinciale en la matière puisque la consommation de la marijuana tombera sous la Loi favorisant un Ontario sans fumée. Par contre, l’Ontario n’a pas encore établi les amendes relatives aux infractions liées au cannabis. 

« On s’attend à ce que de telles amendes, accompagnées des montants correspondants fixés par la province soient établis une fois la loi provinciale contenant les modifications proposées aura été adoptée. À l’heure actuelle, si une personne est prise à fumer du tabac ou du cannabis dans un parc municipal ou sur une propriété extérieure de la Ville, les Services des règlements municipaux sont en mesure de déposer des accusations en vertu du Règlement sur les parcs et les installations de la Ville d’Ottawa », précise Anthony Du Monte, directeur général du Service de protection et d’urgence dans une réponse écrite.

Le montant de l’amende émise par la Ville sera de 305 $.

Le règlement municipal interdit l’inhalation et le vapotage de produits du cannabis sur les propriétés appartenant à la Ville, comme les plages, les parcs, les arénas, les centres récréatifs, les piscines, les stations de transport en commun et les autobus. De plus, la législation provinciale interdit de consommer le produit aux endroits où l’inhalation et le vapotage du tabac sont interdits.

Sylvie Branch, Le Droit