Les propriétaires d’armes à feu ont jusqu’au 29 janvier 2019 pour régulariser leur dossier sans quoi ils basculeront dans l’illégalité.

Départ tout en lenteur pour le registre des armes à feu

Le nouveau registre des armes à feu québécois connaît une naissance tout en lenteur alors que quelques centaines, tout au plus quelques milliers, de propriétaires ont déclaré leurs fusils et carabines durant ses premiers jours de vie. Le rythme devra drôlement s’accélérer pour que les 1,6 million d’inscriptions attendues par Québec soient effectuées en un an.

Après deux jours, «2231 demandes d’immatriculation avaient été reçues en ligne […]. Aucune demande n’avait été reçue par la poste», compte Pierre-Luc Lévesque, de l’équipe des relations avec les médias du ministère de la Sécurité publique (MSP). 

Au terme de la troisième journée d’activité, mercredi soir, sa collègue Alexandra Paré en ajoutait 869 en vertu d’un nouveau dénombrement effectué en mi-journée pour un total de 3100.

La moyenne est donc de quelques centaines d’armes dénoncées chaque jour. Loin des presque 4400 inscriptions quotidiennes que l’État devrait recevoir durant les 365 jours de grâce pour atteindre son estimation de 1,6 million d’armes sans restriction en circulation au Québec. Car les propriétaires d’armes à feu ont entre le 29 janvier 2018 et le 29 janvier 2019 pour régulariser leur dossier sans quoi ils basculeront dans l’illégalité. Nuance importante : tous les nouveaux achats devront cependant être signalés sur-le-champ; pas de sursis ici.

Au fait, le gouvernement vise 1,6 million d’enregistrements. Mais il ne sait pas vraiment combien il y a d’armes à feu sans restriction au Québec : «Au terme de l’année de prise d’inventaire, nous aurons un portrait plus précis de ce nombre», note M. Lévesque. Encore faudra-t-il que les amateurs respectent la loi. 

Mais le Service d’immatriculation des armes à feu du Québec (SIAF) — c’est le nom du registre — en est à ses balbutiements. Il risque fort d’y avoir accélération des inscriptions à l’approche de l’échéance. Et «une campagne de sensibilisation s’amorcera sous peu», dixit Mme Paré.

Relativement simple

Pour ceux qui devront s’y frotter, soulignons que l’inscription se fait en ligne : siaf.gouv.qc.ca. Nous avons testé le système, et il est relativement simple. Une fois le compte créé, il y a peu de questions : marque, modèle, longueur du canon, calibre, lieu d’entreposage...

À sa deuxième journée de vie, le SIAF a cependant connu ses premiers toussotements. Le MSP assure toutefois qu’il a rapidement repris des forces : «Comme il n’est pas inhabituel que des ajustements soient apportés au début pour faire face à certaines situations imprévues, le système a été indisponible pour une période de maintenance planifiée sur l’heure du midi [mardi].»