Un rapport sur l'intervention policière à la suite du meurtre de Thérèse Gauvreau pourrait  être transmis au maire Maxime Pedneaud-Jobin dès mardi.

Délai d'intervention: des réponses attendues mardi

Un premier éclairage officiel sur les raisons entourant le délai de 30 minutes entre l'appel d'urgence au 9-1-1 et l'intervention de la Police de Gatineau à la suite du meurtre de Thérèse Gauvreau, mercredi dernier, sur le boulevard Cité-des-Jeunes, pourrait être fait mardi, quelques heures avant la séance du conseil municipal.
D'ici là, la direction du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) se garde d'émettre tout autre commentaire concernant cette affaire qui ébranle la communauté depuis près d'une semaine. « La direction fera rapport aux autorités municipales et le SPVG ne donnera aucune entrevue avant que ce rapport soit rendu, a indiqué le sergent Jean-Paul LeMay, au lendemain d'une sortie de la conseillère Louise Boudrias qui exige une enquête externe dans ce dossier. M. LeMay a ajouté que le rapport pourrait être transmis au maire Maxime Pedneaud-Jobin dès mardi.
Le président de la commission de la sécurité publique de Gatineau, Jocelyn Blondin, a pour sa part rencontré le chef de police Mario Harel, lundi matin. Ménageant la chèvre et le chou, M. Blondin a dit être prêt à appuyer la résolution de sa collègue pour l'ouverture d'une enquête indépendante, même s'il est convaincu que le SPVG a déjà toutes les données nécessaires en main pour faire la lumière dans cette affaire.
«Je vais appuyer Mme Boudrias là dedans parce que ma crainte, c'est que les gens pensent que les policiers se couvrent entre eux, a-t-il lancé. Je ne veux pas que les gens aient une mauvaise impression de notre service de police. Je vais attendre de voir le rapport du chef Harel pour décider s'il est justifié d'aller plus loin avec une enquête indépendante. Si ce rapport n'est pas en mesure de rassurer la population, on ira plus loin.»
La bande audio
Plusieurs sources ont indiqué au Droit qu'une partie de la réponse en lien avec le délai d'intervention se trouve dans les bandes audio de l'appel d'urgence logé au 9-1-1 par un des voisins de Mme Gauvreau. Ce dernier s'inquiétait de l'attitude agressive d'un homme qui tentait de pénétrer dans sa résidence, quelques instants avant le meurtre. 
La façon dont les informations ont été livrées à l'agent qui a pris l'appel, la façon dont ces informations ont été perçues par l'agent et la manière dont l'appel a été classé sont toutes des données importantes dans cette affaire. L'enquête interne déclenchée par le SPVG devrait offrir ce genre de réponse rapidement.
M. Blondin assure que toutes ces informations sont actuellement sous analyse. Les positions GPS des agents en service au moment de l'appel sont aussi toutes connues.
«Aucun lien» avec les négos
Jean-Pierre Bussière
La Fraternité des policiers assure que les négociations entre les policiers et la Ville pour un nouveau contrat de travail, et toute la situation syndicale qui en découle, ne sont aucunement liées au délai d'intervention de mercredi.
«Il n'y a absolument aucun lien, a assuré le président de la fraternité, Jean-Pierre Bussière, en entrevue avec Le Droit, lundi matin. Depuis le début de ces négociations, nos policiers continuent de donner un service cinq étoiles à la population de Gatineau. Aucun mot d'ordre n'a été lancé par le syndicat autre que celui de continuer de démontrer notre plus grand professionnalisme malgré la situation. On sait que notre attitude est reconnue par tout le monde.»
M. Bussière précise que le seul moyen de pression mis de l'avant pour l'instant est celui des autocollants sur les autos-patrouille, fait en juin dernier. «En aucun temps il a été demandé à nos membres de ralentir la cadence, ce n'est certainement pas comme ça que nous faisons les choses, ajoute le président de la fraternité. Les citoyens n'ont pas à être pris en otage par nos négociations. C'est ça notre mot d'ordre au syndicat.»
Le maire attend les conclusions de l'enquête
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a fait savoir, lundi, en fin de journée, par le biais d'un communiqué de presse laconique, qu'il ne fera aucun commentaire concernant les délais d'intervention de la Police de Gatineau dans le dossier du meurtre de Thérèse Gauvreau tant qu'il n'aura pas en main «les conclusions de l'enquête».
Il affirme être en contact avec le SPVG à ce sujet depuis vendredi dernier et qu'il s'en remet pour l'instant au service de police pour obtenir des réponses. «Ces étapes sont importantes et avant de porter un jugement, il faut connaître les résultats de cette enquête interne», indique le communiqué émis en fin de journée lundi. Avec Louis-Denis Ebacher