Chaque année, les familles de Shannon Alexander et Maisy Odjick participent à une vigile à Ottawa en souvenir des femmes et des filles autochtones assassinées ou portées disparues.

De nouveaux indices relancent l'enquête

Presque neuf ans après la disparition mystérieuse de deux adolescentes de Maniwaki, Maisy Odjick et Shannon Alexander, de nouveaux éléments d'information transmis à la Sûreté du Québec ont convaincu le corps policier de relancer des recherches dans un cours d'eau près de la réserve de Kitigan Zibi.
Pour valider « certains renseignements » récemment transmis par le public, des plongeurs de la SQ ont été dépêchés sur les lieux et ont arpenté le ruisseau Pitòbìg mardi, alors que des enquêteurs des crimes contre la personne doivent rencontrer une vingtaine de témoins. Des spécialistes en identité judiciaire sont aussi à l'oeuvre dans l'espoir de trouver des éléments de preuve permettant de faire avancer l'enquête.
Une pelle mécanique a également été dépêchée sur les lieux afin de dégager des débris qui se sont accumulés dans le cours d'eau au fil des ans. Le ruisseau en question longe le chemin Paganakomin Mikan, à Maniwaki.
Les deux ados sont portées disparues depuis le 6 septembre 2008. Elles étaient à l'époque âgées de 16 et 17 ans. Les jeunes femmes avaient tout laissé derrière elles, même leurs sacs à main.
Toutes les hypothèses sont étudiées par les policiers pour expliquer leur disparition soudaine. 
Sans pouvoir en dire davantage, la porte-parole de la SQ, Martine Asselin, précise que les informations reçues étaient suffisamment sérieuses pour entamer une telle opération de recherche. 
« C'est évident qu'à partir du moment où on reçoit une information, on doit en vérifier la validité et la crédibilité. On ignore si on en arrivera à une finalité, mais ce qu'on nous a transmis était assez important pour qu'on déploie une telle opération », dit-elle.
Les policiers de la communauté de Kitigan Zibi collaborent avec la SQ dans cette affaire, car ils connaissent bien le secteur, précise-t-on. 
« Il y a un beau travail d'équipe », soutient Mme Asselin, qui tient à rappeler que chaque détail, aussi minime soit-il, peut faire « toute la différence » pour la suite des choses. 
La veille de la disparition, Maisy a avisé sa grand-mère qu'elle et Shannon se rendaient à une fête et qu'elles dormiraient chez cette dernière. Sans nouvelles le lendemain, les proches des deux amies ont tenté sans succès de les joindre et ne les ont jamais revues depuis. 
Au fil des ans, les proches de Maisy et Shannon ont amassé 20 000$ à offrir en récompense à quiconque fournira des informations pertinentes pour les retracer. Chaque année, la famille des deux ados qui manquent à l'appel participe également à une vigile à Ottawa en souvenir des femmes et des filles autochtones assassinées ou portées disparues.
Les gens croyant détenir des informations au sujet de ces disparitions peuvent communiquer avec la centrale d'information criminelle de la SQ au 1-800-659-4264.