De la prison pour un «skin» coupable de menaces de mort

Un homme d’allégeance «skinhead» qui avait fait des menaces d’éliminer deux punks de Québec à l’aide de «taser» écope de quatre mois de prison supplémentaires.

L’automne dernier, Mikael Riverin, 43 ans, en voulait terriblement à deux punks, dont il ignore les noms, que lui avait présentés sa dernière copine. La jeune femme venait de le laisser et il vivait très mal le rejet. D’autant plus, confiera-t-il, que les punks adoptent une attitude provocante lorsqu’il les croise.

Riverin a confié à son intervenante communautaire son plan de se débarrasser des deux punks à l’aide d’une lampe de poche à impulsion électrique (taser).

La dame a dénoncé l’homme et les policiers ont arrêté Riverin quelques jours plus tard. Ils ont saisi chez lui les lampes de poche à impulsion électrique, un poing américain et une bonbonne de poivre de Cayenne. Riverin était sous le coup d’une interdiction d’arme après des condamnations antérieures.

Mikael Riverin a plaidé coupable aux menaces de mort et possession d’armes prohibées.

Dans sa décision sur la peine, le juge Christian Boulet de la Cour du Québec retient que Riverin a été victime d’intimidation toute sa jeunesse. Il est devenu lui-même intimidateur et s’est mis à fréquenter des pairs marginaux.

Les menaces résultent de paroles «irréfléchies, impulsives, dans un contexte de perte de contrôle de ses émotions», indique le juge Boulet. «Il leur en voulait d’être la cause de sa détresse amoureuse», constate le juge.

 Le ministère public estimait plutôt, à la lumière de sa preuve, que les menaces étaient fondées sur les préjugés et la haine. 

Mikael Riverin a longtemps eu des problèmes de toxicomanie et a adopté un mode de vie de «skinhead», «qui alimente ses pensées violentes et ses valeurs radicales au fil des ans», note le juge Boulet.

Il avait cessé de consommer en 2013 et s’était repris en main en occupant un travail et en faisant un suivi psychiatrique. La rupture amoureuse a provoqué une rechute et l’a replongé dans ses propos haineux, indique le juge. Riverin est détenu depuis son arrestation en octobre 2018. Après sa peine supplémentaire de quatre mois de détention, il sera en probation durant trois ans.