Marc Jémus a été reconnu coupable d’avoir subtilisé des millions de dollars à des dizaines d’investisseurs au début des années 2000.

De 3 à 7 ans pour le fraudeur Marc Jémus

Après 91 jours de procès, la Couronne et la défense ont présenté leurs arguments sur la sentence appropriée pour Marc Jémus, coupable d’avoir subtilisé des millions de dollars à des dizaines d’investisseurs, avec deux complices au début des années 2000.

Plus de 20 000 pages de preuves, 2000 pièces justificatives, allant de la simple facture aux calculs d’experts-comptables, ont été analysées pendant ce marathon judiciaire.

Le « Power Team » composé de Marc Jémus, Robert Primeau et François Roy gérait des compagnies telles que Primeforce et Pension Positive. Les deux autres complices ont déjà purgé leurs peines au fédéral.

Le procureur de la Couronne, Me Louis Champage, a demandé au juge Serge Laurin, de la Cour du Québec, d’imposer à Marc Jémus une peine d’emprisonnement de six à sept ans.

L’avocat de la défense, Me Jean-Michel Labrosse, a plaidé pour une peine de 42 mois, soit trois ans et demi.

Le ministère public accusait M. Jémus d’avoir fraudé des dizaines de personnes pour plus de 6 millions $ entre 2001 et 2006. Cette affaire a été surnommée « Mini Norbourg ».

Dans son verdict de culpabilité, le juge Laurin a reconnu qu’environ 3 millions de dollars de pertes étaient attribuables à Marc Jémus.

Appel

Cette affaire semble presque terminée, mais il n’en est rien.

Parallèlement aux représentations sur sa sentence, Marc Jémus s’adresse à la Cour d’appel, afin de faire casser son verdict de culpabilité.

La Cour du Québec poursuit ses travaux malgré tout, comme prévu par la loi.

Me Labrosse a fait valoir cette semaine que les deux complices de son client avaient reçu des peines de trois à quatre ans, alors que la tête dirigeante reconnue par le tribunal était Robert Primeau.

Selon la défense, M. Jémus ne devrait pas subir de peine plus lourde, selon le principe de l’harmonisation des peines.

Le ministère public a répété que la gravité des gestes posés, soit d’avoir menti et profité de la confiance de ses investisseurs pour s’enrichir, méritait une telle peine.

Les autres complices, Robert Primeau et François Roy, ont plaidé coupables relativement rapidement. Ils ont écopé de sentences de trois à quatre ans.

Selon la Couronne, ces plaidoyers de culpabilité auront au moins sauvé d’importantes dépenses publiques liées à ce type de procès criminel, ce que n’a pas fait Marc Jémus.