Une salle d'audience du Palais de justice de Gatineau.

Coups de machette: huit ans de prison pour un Gatinois

Un père de famille qui a frappé la mère de ses enfants à coups de machette a reçu une sentence de huit ans de pénitencier, mercredi, à Gatineau.

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2019, le père s’est acharné sur celle qui était sa conjointe. Les enfants, dont certains étaient mineurs, ont été témoins de cette affaire.

Selon la Couronne, le père était d’abord en colère contre son fils qui avait fait un accident avec sa voiture. Quelques jours plus tard, l’homme a consommé de l’alcool, est monté à la chambre du couple et a incité la mère à en consommer aussi.

La victime a refusé et l’accusé a redoublé de colère. La pression financière et la crainte de perdre sa conjointe auraient fait sortir l’individu de ses gonds, a rajouté son avocate, après avoir enregistré un plaidoyer de culpabilité pour son client.

L’homme de 54 ans a asséné un coup de machette à la tête et à un poignet de la femme, et a proféré des menaces contre son fils, la nuit fatidique.

« Madame avait l’impression d’être sous la douche, mais c’était du sang », a expliqué la procureur de la Couronne, Me Isabelle Bouchard.

Le sang était largement répandu sur les murs de la maison.

La femme s’est réfugiée à l’extérieur, et s’est assise sur une chaise de jardin pendant qu’un des enfants a fait le 9-1-1.

Le père a aussi plaidé coupable à un chef de menace envers son fils et un autre de harcèlement criminel.

La mère a été opérée à la tête, et plongée dans un coma artificiel.

Cette dernière a survécu. Elle a dû porter un casque protecteur à la suite de sa cranioplastie.

L’accusé ne peut être identifié, car une ordonnance du tribunal interdit de divulguer des informations qui permettraient de reconnaître les enfants.

La mère a témoigné devant la juge Rosemarie Millar. Elle a parlé avec émotion des impacts sur sa vie, de la perte de la maison familiale et de la peur des autres depuis ce drame. « J’ai fait les maisons pour femmes, j’ai peur des gens, j’ai eu peur pour mes enfants. »

Son fils l’a serrée dans ses bras après son témoignage.

L’accusé, dans le box, a demandé pardon à sa famille.

L’avocate de la défense, Me Mélina Cham, a négocié la sentence avec le ministère public, évitant ainsi la tenue d’un douloureux procès.

La juge a entériné la proposition commune de huit ans de pénitencier. Il lui reste sept ans à purger, compte tenu du temps de détention préventive.

« La sentence doit être sévère, car c’est un dossier avec une violence inouïe et une tristesse inouïe, a commenté la juge Millar. Ce qui me choque et me fait beaucoup de peine, c’est que la femme a des séquelles, mais les enfants aussi ont des séquelles. Je prononce cette sentence sans hésiter. »