La plainte a été déposée près de 15 ans après les événements.

Coupable d’agression sexuelle, 17 ans plus tard

Un lointain passé a rattrapé un homme de 38 ans, vendredi, quand une juge l’a reconnu coupable d’une agression sexuelle sur une adolescente de 15 ans, survenue en 2002, à Gatineau.

La juge Rosemarie Millar n’a pas cru la version « cousue de fil blanc » de l’accusé Pierre Bruyère.

Un concours de circonstances a fait en sorte que l’agresseur et sa victime se recroisent en 2016, au palais de justice de Gatineau, alors que chacun avait à faire dans l’édifice Jos-Montferrand, dans le secteur Hull.

« Mon abuseur est ici », aurait dit la victime en pleurs, à un proche. Les mauvais souvenirs ont ressurgi, et une plainte a été formulée auprès de la police de Gatineau.

Internet 2002

Les sites de rencontres en ligne en étaient à leurs balbutiements, en 2002, lorsque l’adolescente est entrée en contact avec une autre fille, et le conjoint de cette dernière à l’époque, Pierre Bruyère.

Le couple de Pierre Bruyère a clavardé avec l’adolescente sur un ancien site nommé « Elle et Lui », qui s’adressait à une clientèle majeure. Malgré ses 15 ans, l’adolescente s’était décrite comme étant une jeune adulte.

De fil en aiguille, celle-ci a été invitée à une fête organisée par la conjointe de M. Bruyère.

Quelques mois plus tard, l’adolescente lui a demandé de lui apporter des cigarettes, alors qu’elle gardait un enfant.

Pierre Bruyère, alors dans la jeune vingtaine, s’est rendu à cette adresse.

C’est à ce moment que l’agression s’est produite. Il s’est placé par-dessus elle pour la pénétrer, sur un divan.

La plaignante dit avoir tenté de repousser l’homme insistant, avant de se sentir « paralysée » par le choc de l’agression.

Selon M. Bruyère, la jeune femme était consentante.

Quelques jours plus tard, la victime a dénoncé l’homme auprès de la conjointe de M. Bruyère, dans une conversation virtuelle.

« Mais elle ne l’a pas crue », a résumé la juge Millar.

L’avocate de la défense, Me Pascale Legault-Ouellet, a soulevé certaines contradictions chronologiques dans la version de la victime.

Même si la plainte a été déposée près de 15 ans après les événements, la juge Millar a cependant cru la version de la victime.

Une série d’appels téléphoniques entre les deux protagonistes a été aussi été décrite de façon contradictoire par l’accusé. « On se demande par ailleurs s’ils sont allés au même party », a-t-elle commenté.