Michel Famery espérait améliorer son sort en devenant vice-président pour la firme Dessau en Outaouais.

Collusion: Michel Famery est tombé dans une cage à homards

Michel Famery est tombé dans une «cage à homards» en déménageant à Gatineau, en 2002. L’ingénieur espérait améliorer son sort en devenant vice-président pour la firme Dessau en Outaouais. Dix-sept ans plus tard, il doit purger une peine de prison dans la communauté.

Famery a quitté son ancienne région avec sa famille pour relever de nouveaux défis. Il s’est rapidement buté à une industrie corrompue, dans laquelle il devait mettre l’épaule à la roue, que cela lui plaise ou non.

M. Famery a occupé ses fonctions de vice-président pour l’Outaouais de 2003 à 2007. La preuve de la Couronne sur ses activités collusionnaires s’étend de 2004 à 2006.

M. Famery a été accusé avec trois autres personnes de collusion dans l’octroi de contrats publics. Il a plaidé coupable, jeudi, à cinq chefs d’accusation pour avoir comploté avec des concurrents, dans le but de distribuer des contrats municipaux selon un système de collusion.

La Ville de Gatineau a perdu des millions de dollars à cause de ce système illégal au début des années 2000.

Dans le cas impliquant M. Famery, la Ville aurait été privée de 389 000$ parce qu’elle n’a pas pu obtenir des prix justes, selon la règle de la saine concurrence entre entreprises.

Michel Famery, qui travaille aujourd’hui pour une firme montréalaise, a reçu une peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis, au palais de justice de Gatineau. La juge Catherine Mandeville a entériné la proposition commune de la Couronne et de la défense, jeudi.

Selon l’énoncé des faits, M. Famery a rapidement subi de la pression de ses supérieurs pour qu’il participe à ce système frauduleux, dès son arrivée à Gatineau.

Langage codé

Lorsqu’un appel d’offres était publié par la Ville de Gatineau, les concurrents des autres firmes de génie-conseil communiquaient entre eux, selon un langage codé, afin de distribuer «équitablement» les contrats. C’est ainsi que les firmes d’ingénierie qui se «couchaient» préparaient des offres de services avec des prix délibérément trop élevés, afin d’assurer à une firme le contrat municipal.

Un autre exemple de langage codé apparaît dans les documents judiciaires.

«Pour savoir si le montant de la soumission inclut ou non les taxes, Michel Famery avait proposé de dire: ‘si on dit que la réunion (de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec) se déroule avec des documents, le montant est avec taxes’.»

André Mathieu, ex-vice-président de CIMA +, et Claude Marquis, ex-directeur de Genivar en Outaouais, maintiennent leurs plaidoyers de non-culpabilité. Leur procès pourrait durer quatre mois, a-t-on appris jeudi, lors de la même audience en Cour supérieure.

La date de ce procès n’a pas encore été mise à l’horaire, puisque sa longue durée représente un important défi logistique pour les tribunaux.

Dave Boulay, 52 ans, a plaidé coupable de chefs semblables en janvier dernier. Il était directeur et vice-président adjoint aux opérations de Dessau en Outaouais, entre 2006 et 2009.