Cinq morts en 15 mois sur l'autoroute 50

Une cinquième personne en 15 mois est morte sur l’autoroute 50, jeudi. Comme c’est le cas pour les quatre drames précédents, une voiture a traversé la ligne médiane pour percuter un véhicule circulant dans la voie opposée.

La Sûreté du Québec (SQ) a confirmé, jeudi matin, le décès de l’automobiliste impliqué dans la collision frontale survenue vers 6 h, près de Montebello.

Il s’agit d’un homme de 22 ans de L’Ange-Gardien. Le conducteur du camion, un homme de 31 ans, a été transporté au centre hospitalier par mesure préventive.

Ce tronçon d’autoroute fait partie des nombreux autres de la 50 privés de voies opposées séparées.

À cet endroit, sa configuration est à trois voies : deux en direction ouest et une en direction est. Le face à face s’est produit dans la voie de gauche en direction ouest, où circulait le camion.

« La collision est survenue alors qu’une automobile s’est retrouvée dans une voie en sens inverse pour une raison inconnue », a déclaré la sergente Éloïse Cossette, de la Sûreté du Québec. La SQ a indiqué quelques heures après le drame qu’une inspection mécanique devait être menée sur un des véhicules.

La 50 était toujours fermée en milieu d’après-midi, en raison de travaux de récupération de diesel et de ramassage des débris des véhicules.

Cette année, la 50 a vu mourir quatre personnes entre Gatineau et Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides. Un cinquième décès s’est produit en septembre 2018.

« Pas une autoroute »

Le maire de Montebello, Martin Deschênes, efface le terme « autoroute 50 » de son esprit. « On remarque l’augmentation de l’achalandage sur une autoroute qui n’est pas une autoroute, dit-il. C’est une route régionale sans intersection, qui ‘rencontre’ (NDLR : où les voitures qui circulent dans les directions opposées se croisent à quelques centimètres), avec une limite de vitesse de 100 kilomètres à l’heure. »

M. Deschênes rappelle qu’aucun accident mortel ne s’est produit sur la route 148, parallèle à l’autoroute 50, ces dernières années. « Pourtant, ça ‘rencontre’ aussi... Mais la limite de vitesse est réduite. Et on la considère comme une ‘route’ ».

Le maire refuse d’imputer la faute aux seuls députés régionaux dans le dossier de la 50. « Il y a une question de comportement au volant, aussi. » Il est prêt à laisser la chance au projet de clôtures semi-rigides devant être implanté sur les lignes médianes de secteurs dangereux de la 50, au printemps. « C’est un projet à court terme. Reste à voir si cela va faire ses preuves. »

Jeudi, M. Deschênes était de retour du Saguenay, une région qui a longtemps milité pour l’obtention d’une route à quatre voies jusqu’à Québec. Même si elle n’est pas officiellement une autoroute, la route 175 possède quatre voies, et les deux directions sont séparées. 

Elle est une « route », car elle compte des intersections, et des tronçons où la limite permise de 100 km/h passe à 90 km/h ou à 70 km/h, selon leurs configurations.

Avant sa réfection, la 175 était surnommée « route de la mort » ou « boulevard des coroners ». 

La route complète à quatre voies a été inaugurée en 2013.